Hors et En

vendredi 28 août 2009

Web site story

Filed under: Blog(s),Hors,Internet,perso — mazzhe @ 20\0846
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Google, Facebook, Twitter et bien d’autres sites bouleversent profondément notre façon de vivre… Vous pouvez vous en rendre compte par vous même dans la formidable vidéo faite par le site « college humor »…

Pour les non-anglophones, et les moins « webaddict », je mets une traduction personnelle ici (mais regardez d’abord la vidéo !).
Merci à Claire, qui m’a fait découvrir cette vidéo…


When you’re on the net, on the net you will stay      - Quand vous êtes sur le net, sur le net vous resterez
Cause the whole Google Earth is just one click away.  - Car tout Google Earth est à un clic d'ici
When you’re on the net why would you go outside?      - Quand vous êtes sur le net, pourquoi iriez-vous ailleurs ?
Why be out in the world, you could be worldwide.      - Pourquoi aller autre part, vous pouvez aller partout.
I’m so outta shape, I gonna buy a moo-moo.            - Je suis tellement empâté, je vais m'acheter une moo-moo.
The Skateboard Escape, from Back to the Future 2,     - La fuite en skateboard, de "Retour vers le futur II"
Is now on Hulu!                                       - est maintenant sur Hulu

What’s this? Maria…                                   - Tiens ? Maria...
I met a boy!                                          - J'ai rencontré un garçon !
At a bar?                                             - Dans un bar ?
At a Jason Mraz concert?                              - A un concert de Jason Mraz ?
No! Online!                                           - Non ! Sur internet !
Online?!                                              - sur internet ?!
Well, how did he find you?                            - Comment t'a-t-il trouvée ?


I’m on twitter, I’m on twitter                        - Sur twitter, sur twitter
and I’m tweeting and singing a song                   - J'écris en chantant une chanson
About tweeting, but it’s 7 characters too long        - A propos de twitter, mais il y a 7 caractères de trop.
(la la la la la la lah la la la)                      - (la la la la la la lah la la la)


I’m on facebook. I’m on facebook.                     - J'suis sur facebook, j'suis sur facebook
and my facebook updates with my tweets,               - Et mon facebook suit mes tweets
so I twitter, and then everybody knows my deeds.      - Donc je twitte, et tout le monde sait ce que je fais.
(la la la la la la la la la la la .. la la)           - (la la la la la la la la la la la .. la la)


What’s Maria doing for dinner then?                   - Que vas-tu faire pour dîner ?
What you think of Transporter 3?                      - Que penses-tu de "Transporter III" ?
Twitter gets my stats, facebook gets my tweets,       - Twitter montre mes stats, facebook montre mes tweets,
All of them collect on friend feed.                   - Et tout ça est envoyé à mes amis.


What do you even know about this girl?                - Qu'est-ce que tu sais de cette fille ?
I know she likes Jason Mraz.                          - Je sais qu'elle aime Jason Mraz.
Oh boy Tony, you’re in trouble!                       - Oh mec, t'es mal barré !
why?                                                  - Pouquoi ?
You don’t know anything about music.                  - Tu n'y connais rien en musique.
I’ve got a secret weapon.                             - J'ai une arme secrète.


Pandora. I’ve just found a site called Pandora.       - Pandora. J'ai trouvé un site qui s'appelle Pandora
I type in bands I know. It gives me ones like O-A-R.  - Je tape le nom des groupes. Il m'en donne un comme "O-A-R"
Pandora. I’ve just found a site called Pandora.       - Pandora. J'ai trouvé un site qui s'appelle Pandora
I’m suddenly equipped                                 - D'un seul coup je m'y connais
[ like I’m hanging out at hipster bars.                 [ comme si j'trainais dans les bars spécialisés
Pandora. Type it in and there’s music playing.        - Pandora. Demandez, et la musique commence.
Watch the ads and it’s almost like paying.            - Regardez les pubs, c'est comme si vous payiez.


Tony and Maria are going on their date tonight.       - Tony et Maria ont rendez-vous ce soir.
Oh, I hope they find true love.                       - Oh, j'espère qu'il rencontreront le grand amour.
True love on the internet? Hah!                       - Le grand amour sur internet ? Ha !


I like to be on eHarmony,                             - J'aime aller sur eHarmony,
sign up for free on eHarmony!                         - inscription gratuite sur eHarmony !
You can get by on eHarmony.                           - Tu peux flirter sur eHarmony.
You can’t be gay on eHarmony.                         - Tu peux être gay sur eHarmony.


100% accuracy,                                        - Précision 100%,
90% of the country!                                   - 90% du pays !
Why do you guys sound like gaylords?                  - Pourquoi les gars, ressemblez-vous à des Gaylords ?
Come on, we’re theater majors.                        - Voyons, on a un diplôme de théatre.


How can a modern technology                           - Comment une technologie moderne
hold onto 50’s philosophy?                            - Peut-elle tenir sur une philosophie des années 50 ?
Sorry to preach but eHarmony,                         - Désolé pour la morale, mais eHarmony
get with the 21st century.                            - est née dans le XXIème siècle.


Maria!                                                - Maria !
Tony! I was worried you wouldn’t show!                - Tony ! Je croyais que tu ne viendrais pas !


eVite, eVite, did you get the details?                - eVite, eVite : tu n'as pas eu l'invitation ?
I had you down as not yet replied.                    - tu es classé dans "pas de réponse".
I hate eVite! There’s nothing in emails               - Je déteste eVite ! Il n'y a rien dans les emails
And you have to click through to the site.            - et on doit cliquer sur le site
I was worried while I waited,                         - En attendant, je m'inquiétais
Your picture was outdated,                            - Ta photo était trop vieille,
And you looked liked a dog.                           - et tu ressemblais à un chien.
Now I can’t wait to read about me later on your blog. - Maintenant j'ai hâte de lire ce que tu vas dire de moi sur ton blog.
eVite!                                                - eVite !

Et pour finir, voici comme promis les explications pour les non-webophone :

Google Earth : site permettant de voir l’ensemble de la terre en photo et en détails.
une moo-moo : on pourrait dire « meuh-meuh ». Vache USB pour amoureux… Une vidéo vaut mieux qu’un long discours…
Hulu : site Web gratuit de vidéo à la demande (en partie non accessible depuis la France)
Twitter : site de micro-blogging, c’est à dire permettant de clamer au monde entier ce que vous êtes en train de faire à l’instant présent, dans des messages courts. (« Là, je suis en train de twitter. » « Et maintenant, je twitte » « Tiens, je suis encore en train de twitter… » ou plus sérieusement « Que vais-je faire à dîner ce soir ? », « Je viens de voir le film Transporteur III, j’ai trouvé que c’était… »)
Facebook : réseau social : site permettant au gens de se rassembler virtuellement et de communiquer entre eux.
Pandora : site permettant de découvrir des musiques proches de celles que vous aimez (non accessible depuis la France)
O-A-R : « Of A Revolution », groupe de rock américain
eHarmony : site de rencontre matrimoniales
Gaylords : ancien gang à Chicago
eVite : (sonorité proche de « invite » en anglais) site de gestion d’invitations

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mercredi 22 avril 2009

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis.

Filed under: Actualité,Hors,Internet — mazzhe @ 23\1137
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« Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis« , me répétait mon père pendant mes années d’adolescence…

En politique, il est important d’avoir des opinions, des valeurs, et de s’y tenir. Mais lorsqu’on est choisi pour gérer un pays, il est important de tenir compte de l’avis des citoyens, et de gouverner pour leur bien. Il faut pour cela savoir faire des compromis, et parfois changer d’avis devant des arguments valables…

La loi dite « HADOPI » est une mauvaise loi. Elle est inutile et dépassée, les citoyens français l’ont rejetée, par la voix de leurs députés, et aujourd’hui les citoyens européens, l’ont rejetée à leur tour. Il est temps que le gouvernement change d’avis… Mais depuis qu’il est en place, l’avez-vous vu souvent changer d’avis ? C’est à croire que les ministres ont organisé un concours de la réforme (ou loi) la plus impopulaire !

Je disais donc :

  1. la loi HADOPI est une mauvaise loi.
    – Sur le plan juridique, je ne suis pas spécialiste, mais de nombreux articles dénoncent la condamnation sans passer par la case « justice », la double peine, la fiabilité des preuves, la preuve d’innocence à la place de la preuve de cupabilité, la surveillance des délits et son coût supportés par les ayants-droits…
    – Sur le plan technique, je maîtrise un peu mieux. Cette loi permet d’accuser une personne sur la base d’une adresse IP, or le lien entre les deux n’est pas évident. On peut facilement (très facilement) contourner les contraintes techniques si on souhaite télécharger sans se faire prendre. La loi impose l’utilisation de logiciels propriétaires, fermés, payants et impose par conséquent un système d’exploitation. Avec le développement des sites comme deezer, le téléchargement va diminuer, et la loi est obsolète avant d’être opérationnelle. Par ailleurs, elle risque d’avoir un effet de bord dangereux en favorisant indirectement la propagation des virus*…

    Toutes ces raisons, et l’expérience du Titanic « DADVSI » montrent que la loi HADOPI est une mauvaise loi.

  2. Les citoyens ont rejeté ce texte.
    Il y a eu de nombreux débats, dans la presse et dans la rue (et ne parlons pas d’internet !). Puis, démocratiquement, la loi a été débattue à l’Assemblée Nationale, au Sénat, et en Commission Mixte Paritaire… Et elle a finalement été rejetée, le 9 avril, par les députés, élus représentant les citoyens.
    Si les députés n’ont pas voté ce texte, ce n’est pas (uniquement) parce que c’était l’heure du repas… Certains députés de la majorité ont voté contre** ou ont choisi de s’abstenir, de s’absenter. Représentants des citoyens, il ont refusé de voter ce texte. Je les en remercie.

    Que le gouvernement s’indigne, mette cet échec sur le dos de l’opposition, c’est « normal », enfin disons que ce n’est pas surprenant. Qu’il déclare dans les minutes qui suivent que de toutes façons, le texte sera remis sur le tapis, c’est déplorable. Et qu’il affirme que de toutes façons, il sera voté, évacuant ainsi toute positibilité d’un véritable débat démocratique, c’est révoltant !

  3. Les citoyens européens ont rejeté le texte !
    Ca, c’est l’information du jour, qui m’a finalemment décidé à écrire… Je suis allé mercredi dernier à Bruxelles pour visiter le parlement européen. C’était très intéressant, mais je n’ai pas le temps de vous en parler pour l’instant… Je souhaite juste vous dire que j’ai appris que le travail des parlementaires – pour lesquels nous allons voter le 7 juin –  était un travail de compromis. Les propositions de lois sont discutées et doivent nécessairement rassembler un large consensus, au delà des frontières partisanes, car aucun parti n’a la majorité.
    Et donc, ces députés viennent de voter un amendement qui dit « La loi HADOPI est une mauvaise loi » (traduction libre et personnelle). Cet amendement est très clair, il s’oppose à la loi HADOPI.***
    Si cet amendement a été proposé, puis voté, c’est qu’il fait consensus. (Je ne voudrais pas remuer le couteau dans la plaie, mais en plus, il a été voté avec 40 voix pour,  4 contre et 2 absentions…)

    On peut donc dire que les citoyens européens ont rejeté la loi HADOPI. Que répond le gouvernement français ? Que rien ne l’arrêtera… Il bloquera tout ce projet européen (l’amendement n’est qu’une petite goutte d’eau dans ce projet de loi) en conseil des ministres.

Que faut-il donc faire pour vous faire comprendre que votre loi doit être abandonnée ? Il est nécessaire de protéger les artistes, oui, mille fois oui ! Mais pas comme cela ! Changez d’avis, laissez tomber cette loi, et réfléchissez vraiment, intelligemment, avec (pour une fois) une concertation des différents acteurs, plutôt que d’obéir aveuglément aux caprices d’un monarque qui croit pouvoir protéger ses copains…

—–

* HADOPI favorise les virus : Si la HADOPI envoie « 10 000 courriers électroniques par jour », nul doute qu’une certain nombre de personnes malveillantes vont créer des copies de ce courrier, avec une pièce jointe dangereuse, qui sera ouverte par des milliers d’internautes de bonne foi, qui voudront savoir ce qu’on leur reproche…

** Députés de la « majorité opposée » : Voir par exemple : Jean Dionis du Séjour (NC) ou Lionel Tardy (UMP)

*** « aucune restriction ne peut être imposée aux droits et libertés fondamentaux des utilisateurs finaux sans décision préalable des autorités judiciaires» Voir ici, par exemple, pour un article sur le vote de cet amendement.

lundi 23 mars 2009

Mail ouvert à Mme Albanel

Filed under: Hors,Internet — mazzhe @ 23\1127
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Voilà, à la dernière République des Blogs, Miguel nous a proposé d’envoyer un mail, à la manière du « Grand Bûcher ». J’ai envoyé ce soir le à Madame le Ministre de la Culture le mail que j’avais lu à cette occasion. Voici son contenu.
(Je ne l’ai pas encore envoyé aux députés du Loiret, mais je le ferai peut-être…)

Mailto:« Christine Albanel » <ministre@culture.fr>
CC : messieurs les députés du Loiret

Madame le Ministre,

Vous tentez actuellement de faire voter la loi «Création et Internet », dite loi HADOPI. Vous voulez proteger la création musicale, mais cette loi ne résoudra pas le problème. Il y a des dizaines de façons de télécharger illégalement sans être pris par la loi HADOPI.

Dans le meilleur des cas, votre loi serait inutile. Mais je n’y crois pas. Elle sera dangereuse. Elle risque de couper l’accès à internet à des familles qui en ont besoin, vous mettez en peril l’économie basée sur les logiciels libres en imposant des logiciels propriétaires, et les vrais escrocs d’internet vont copier vos courriels officiels pour en envoyer à n’importe qui, avec des virus en pièce jointe, que tout le monde s’empressa d’ouvrir…

Madame le Ministre, interrogez Christain Vanneste, le député UMP qui a fait voter la loi DADVSI. Il vous parlera de son experience et vous dira pourquoi il pense que ce projet est scandaleux et voué à l’échec.

Respectueusement,

Mazzhe
Blogueur orléanais

Pour ceux que ce sujet intéresse, le site de l’APRIL est incontournable :
http://www.april.org/hadopi
http://www.april.org/fr/hadopi-securisation-ou-controle-dusage
http://www.april.org/fr/lhadopi-filtrera-aussi-le-logiciel-libre-lapril-condamne

mardi 3 mars 2009

Black-out !

Filed under: Actualité,Hors,Internet — mazzhe @ 23\1139
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HADOPI - Le Net en France : black-out

Je soutiens l’appel de la Quadrature du net contre la loi dite HADOPI.

Cette loi vise à couper l’accès au réseau aux internautes suspectés de partager des oeuvres protégées. Les internautes n’auront pas les moyens de constester cette décision par une procédure contradictoire (comme ce serait le cas dans un procès), car cette décision ne sera pas prise par la justice, mais par une « haute autorité » sur dénonciation d’acteurs privés.

Pour plus d’information, n’hésitez pas à aller consulter leur site, puis protestez à votre tour.

jeudi 20 novembre 2008

Economie sociale

Filed under: Hors — mazzhe @ 15\0325
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Hier, j’ai assisté à la conférence table-ronde organisée par la MAIF à la Chapelle Saint Mesmin sur le thème de l’économie sociale.

Moi qui ne sais pas ce que c’est que l’économie, j’ai trouvé cette soirée très intéressante. Elle m’a permis d’y voir un peu plus clair, de comprendre certains mots comme « capitalisme » ou « coopérative » ou d’autres. J’ai beaucoup aimé. Mes très faibles connaissances en la matière ne me permettrons pas, hélas, de vous redire ce que j’ai entendu, mais je vais essayer de vous indiquer ce que j’ai retenu, et j’aimerais surtout avoir votre aide pour m’expliquer ce que je n’ai pas compris…

Jean-François Draperi a présenté l’économie sociale : « c’est l’ensemble des entreprises coopératives, mutualistes et associatives. » Ne sont pas considérées dans l’économie sociale les entreprises individuelles, les sociétés de capitaux et les entreprises publiques.

Il a expliqué l’historique de l’économie solidaire, qui a vécu trois phases successives depuis le siècle des Lumières. En gros, si j’ai bien compris, c’est :

  • les regroupements de producteurs (coopératives agricoles,… )
  • les coopératives de consommateurs (CAMIF,… )
  • les associations producteurs-consommateurs (commerce équitable… )

A la question « L’économie sociale peut-elle remplacer l’économie capitaliste ? » Il répond qu’au départ de toute entreprise de l’économie sociale, il y a une utopie, une volonté de faire autre chose, pour changer le système. Mais par la suite, la réalité reprend le dessus, et jusqu’au années 80, il aurait dit que ça ne pouvait pas remplacer, mais que ça pouvait cohabiter avec l’économie capitaliste. Cependant, d’après lui, depuis que nous sommes dans la troisième phase, il pense que cette économie redevient une alternative envisageable.

Alain Leroux a répondu en disant que selon lui, il fallait que l’économie sociale se libère de cette idée d’alternative, d’opposition au capitalisme. Elle se trompe de cible. Il a rappelé le poids de l’économie sociale : 7% du PIB et 10 à 12% de l’emploi, montrant qu’elle n’était pas de taille à renverser le capitalisme.

Selon lui, l’économie sociale manque d’une philosophie sociale à laquelle s’adosser…

Il pense que ce qui devrait être la « cible » de l’économie sociale, c’est le libéralisme, qui mène à l’individualisme. Le libéralisme, ce sont des rapports humains fondés sur « l’intérêt bien compris« , qui font que les personnes s’attachent à l’intérêt personnel qu’elles trouvent dans une relation, sans se soucier de « qui est l’autre« . Le contraire de libéralisme, selon lui, ce sont des rapports humains denses, avec une place pour l’affectif, pour connaître l’autre. C’est pour aller vers cela que l’économie sociale doit lutter contre le libéralisme…

(Après, nous avons eu deux témoignages d’acteurs de l’économie sociale locale, mais ce n’est pas l’objet de mon article d’aujourd’hui.)

Alors voilà…
Suite à cette conférence, je me pose des questions. Si vous pouvez m’aider à y répondre, j’en serais très heureux.

  1. J’ai entendu parler d’économie sociale et d’économie solidaire… J’ai bien demandé à Saint Ternet de m’aider à comprendre, (en particulier Wikipédia) mais hélas cela ne m’a pas suffit pour comprendre. Qui peut m’expliquer simplement les liens et les différences entre les deux ?
  2. Alain Leroux disait que le libéralisme conduisait à l’individualisme… Johann, toi en particulier, tu te dis « humaniste et libéral »… Je suppose que tu n’as pas la même vision du libéralisme que le Pr Leroux. Est-ce que toi (ou quelqu’un d’autre) pourrait m’expliquer ce qu’est le libéralisme ? (pour Noël, je veux bien « L’économie pour les nuls »)
  3. Quelles sont les positions des différents partis politiques sur l’économie ? L’UMP serait sans doute plus enclin à défendre le capitalisme, le libéralisme ? le PS accorderait une place importante à l’Etat dans l’économie ? et le Mouvement Démocrate ? Je me souviens d’une phrase de Bayrou qui disait qu’il fallait « Mettre l’homme au centre de la société, considérer que l’économie est faite pour servir son développement, et non pas pour se servir de lui« .
    Avez-vous, amis bloggeurs (ou non) socialistes, démocrates ou (comment dire ? populistes ? umpistes ? droitistes ?) autres des pistes pour me permettre d’y voir plus clair ?

Aidez moi à comprendre, s’il vous plait !

Merci d’avance.

jeudi 13 novembre 2008

La colère monte…

Filed under: Actualité,Education,Hors — mazzhe @ 20\0835
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La grogne s’amplifie dans l’Education Nationale.

Suppression du samedi matin, nouveaux programmes, aide personnalisée, suppression des rased, disparitions des remplaçants, nouveau concours de recrutement avec suppression de la formation initiale… Les motifs de mécontentement sont nombreux. (et encore, je ne parle que du primaire ! et il y a d’autres sujets…)
J’entends tous les jours les professeurs des écoles dire le mal qu’ils pensent de ces réformes. Il y a eu des protestations, mais elles n’ont pas été entendues. Ce midi encore des collègues me disaient qu’ils avaient envie de quitter l’Education Nationale. « J’en ai assez, je me demande si je ne vais pas démissionner » « moi aussi, je me le demande souvent, mais je ne sais pas ce que j’irais faire… »

Cette semaine, à deux reprises, j’ai entendu des intits me dire « On est trop obéissants : on n’est pas d’accord, mais finalement, on le fait quand même…« .

Ca tombe bien : grâce à Polyb, j’ai découvert aujourd’hui que Alain Refalo, instit à Colomiers, a décidé, lui, de désobéir. Et il a bien raison.
Je vous incite à lire sa longue lettre, très détaillée. Elle explique bien ce que ressentent beaucoup de collègues…

Et rejoignez-nous le 20 novembre pour protester contre cette démolition de l’Education Nationale !

Ci dessous, la lettre publiée ici : http://resistancepedagogique.blog4ever.com/blog/lirarticle-252147-1030669.html

Colomiers, le 6 novembre 2008


Monsieur l’Inspecteur,

Je vous écris cette lettre car aujourd’hui, en conscience, je ne puis plus me taire ! En conscience, je refuse d’obéir.

Depuis un an, au nom des indispensables réformes, un processus négatif de déconstruction de l’Education Nationale s’est engagé  qui désespère de plus en plus d’enseignants. Dans la plus grande précipitation, sans aucune concertation digne de ce nom, au mépris de l’opinion des enseignants qui sont pourtant les « experts » du quotidien sur le terrain, les annonces médiatiques de « réformes » de l’école se succèdent, suscitant tantôt de l’inquiétude, tantôt de la colère, et surtout beaucoup de désenchantement et de découragement. La méthode est détestable. Elle témoigne de beaucoup de mépris et d’arrogance vis-à-vis de ceux qui sont les premiers concernés. La qualité d’une réforme se juge autant par son contenu que par la façon dont est elle est préparée, expliquée et mise en oeuvre. L’Education Nationale n’est pas l’armée ! Il n’y a pas d’un côté ceux qui décident et d’un autre côté ceux qui exécutent ! L’honneur de notre métier est aussi de faire œuvre de raison, de critique et de jugement.


Aujourd’hui, la coupe est pleine ! Le démantèlement pensé et organisé de l’Education Nationale n’est plus à démontrer tant les mesures décidées et imposées par ce gouvernement l’attestent au grand jour : des milliers de suppressions de postes qui aggravent une situation d’enseignement déjà difficile, la diminution du volume horaire hebdomadaire, la préférence accordée à la semaine de 4 jours, pourtant dénoncée par tous les chronobiologistes, l’alourdissement des programmes scolaires malgré une rhétorique qui prétend le contraire, la suppression des IUFM, la disparition annoncée des RASED alors qu’aucun bilan de leur action n’a été réalisé, la réaffectation dans les classes des enseignants travaillant pour les associations complémentaires de l’école, ce qui mettra à bas grand nombre de projets éducatifs dont l’utilité n’est plus à démontrer, la mise en place d’une agence chargée du remplacement avec l’utilisation de vacataires, la création des EPEP où les parents et les enseignants seront minoritaires dans le Conseil d’Administration, la dévalorisation du métier d’enseignant dans les écoles maternelles et les menaces qui pèsent sur celles-ci, la liste est longue des renoncements, des coupes franches et finalement des mauvais coups portés à notre système éducatif. Sans compter, ce qui m’est le plus insupportable, l’insistance à dénoncer le soit disant « pédagogisme », c’est-à-dire les mouvements pédagogiques qui, depuis des décennies, apportent des réponses innovantes, crédibles, raisonnables à l’échec scolaire.


Le démantèlement des fondements de l’Education Nationale est un processus que je ne peux accepter sans réagir. L’objet de ma lettre est de vous informer que je ne participerai pas à ce démantèlement. En conscience, je refuse de me prêter par ma collaboration active ou mon silence complice à la déconstruction d’un système, certes imparfait, mais qui a vocation à éduquer et instruire, à transmettre tout autant un « art de faire » qu’un « art de vivre », en donnant toutes ses chances à chaque élève, sans aucune distinction.

1. Les « nouveaux » programmes constituent une régression sans précédent. Ils tournent le dos à la pédagogie du projet qui permet aux élèves de s’impliquer dans les savoirs, de donner du sens à ce qu’ils font, de trouver des sources de motivation dans leur travail. Cette vision mécaniste et rétrograde des enseignements, qui privilégie l’apprentissage et la mémorisation, va certainement enfoncer les élèves en difficulté et accentuer l’échec scolaire. Ces programmes sont conçus pour pouvoir fournir des résultats « quantifiables, publiables et comparables » Or, « en éducation, tout n’est pas quantifiable, ni même évaluable en termes d’acquisitions immédiatement repérables ». (Philippe Meirieu). Nous sommes bien dans une logique d’entreprise et de libéralisation de l’école. Désormais, les enseignants seront évalués sur les progrès des acquis des élèves, c’est-à-dire sur la progression des résultats chiffrés. C’est notre liberté pédagogique qui est ainsi menacée. Dans la mesure où les programmes de 2002 n’ont fait l’objet d’aucune évaluation sérieuse et que d’autre part nous ne savons toujours pas qui a élaboré et rédigé les programmes 2008, d’ailleurs sans aucune concertation digne de ce nom, nous sommes en présence d’un déni de démocratie et de pédagogie. Pour toutes ces raisons, je considère que ces programmes sont totalement illégitimes. C’est pourquoi en conscience, j’ai décidé de ne pas les appliquer et de continuer à travailler dans l’esprit des programmes de 2002.

2. Tout particulièrement, je refuse de m’inscrire dans la logique d’une « Instruction morale et civique » aux relents passéistes. C’est une insulte faite aux enseignants et aux élèves de penser que l’inscription d’une règle de morale au tableau, apprise par cœur par les élèves, fera changer un tant soit peu leur comportement ! Aujourd’hui, plus que jamais nous avons besoin de mettre en place dans nos classes des dispositifs qui offrent aux élèves la possibilité de se connaître, de se rencontrer, d’échanger, de se respecter. Nous avons besoin d’une éducation au vivre ensemble, car si nous ne le faisons pas, qui le fera ? L’éducation citoyenne est l’un des piliers de l’école pour construire une société ouverte, démocratique et libérée de l’emprise de la violence. La priorité aujourd’hui est d’apprendre aux élèves à se respecter, à réguler positivement les inévitables conflits du quotidien par la parole, la coopération, la médiation. Aujourd’hui, comme hier, en conscience, j’ai fait le choix d’une éducation citoyenne qui permette aux élèves de découvrir leur potentiel créatif et émotionnel au service du mieux vivre ensemble.


3. La réduction du volume horaire de la semaine scolaire de 26h à 24h apporte des bouleversements tels dans l’organisation des écoles, qu’il faut aujourd’hui parler de désorganisation structurelle. Le dispositif d’aide personnalisée pour « les élèves en difficulté » n’est qu’un prétexte démagogique pour supprimer les RASED. Ce dispositif porte un coup fatal à la crédibilité du métier d’enseignant. En effet, de nombreuses expériences pédagogiques d’hier et d’aujourd’hui ont montré et montrent que la difficulté scolaire se traite avec efficacité avec l’ensemble du groupe-classe, dans des dynamiques de coopération, de tutorat, de travail différencié, d’ateliers de besoin, etc. Le dispositif actuel considère que la difficulté doit être traitée de façon « médicale », avec un remède individuel, en dehors de toute motivation et de tout projet de classe. C’est une grave erreur. Ce dispositif est une faute contre l’esprit et la pédagogie. Dès la rentrée, en conscience, je n’appliquerai pas ce dispositif d’aide personnalisée tel qu’il est actuellement organisé. Ces deux heures seront mises à profit pour mener à bien un projet théâtre avec tous les élèves de la classe, répartis en demi-groupe, le mardi et le vendredi de 15h30 à 16h30, ceci avec l’accord des parents.


4. Les stages de remise à niveau pendant les vacances scolaires à destination des élèves de CM1 et CM2 sont eux aussi des dispositifs scandaleux et démagogiques destinés à caresser l’opinion publique dans le sens du poil. Mis en place sous le motif populiste qu’il est anormal que seuls les riches peuvent se payer des heures de soutien scolaire (dixit notre ministre), ces stages dont certains ne seront pas animés par des enseignants, ne règleront en rien l’échec scolaire. Ils sont destinés à appâter les enseignants qui souhaitent effectuer des heures supplémentaires avec bonne conscience, alors que dans le même temps des milliers de postes sont supprimés, aggravant ainsi les conditions de travail dans les écoles. Parce que je respecte profondément les élèves qui ont des difficultés et leurs parents et que je suis persuadé que ce dispositif est néfaste, je continuerai à refuser de transmettre des listes d’élèves pour les stages de remise à niveau.


5. La loi sur le service minimum d’accueil dans les écoles les jours de grève n’est pas autre chose qu’une loi de remise en question des modalités d’application du droit de grève. Il est demandé aux enseignants de se déclarer gréviste 48h avant la grève afin que ce service minimum d’accueil puisse se mettre en place. Ce qui signifie clairement que les enseignants doivent collaborer à la remise en cause du droit de grève ! On ne saurait être plus cynique ! La commune de Colomiers ayant décidé de ne pas organiser ce service minimum d’accueil les jours de grève, il devient inutile de se déclarer 48h avant. En conscience, je ne me déclarerai pas gréviste à l’administration et j’informerai les parents trois jours avant de mon intention de faire grève.

Dans son dernier ouvrage, « Pédagogie : le devoir de résister », Philippe Meirieu écrit : « Nous avons le devoir de résister : résister, à notre échelle et partout où c’est possible, à tout ce qui humilie, assujettit et sépare. Pour transmettre ce qui grandit, libère et réunit. Notre liberté pédagogique, c’est celle de la pédagogie de la liberté. […] Nous n’avons rien à lâcher sur ces principes pédagogiques. Car ils ne relèvent pas de choix passagers de majorités politiques, mais bien de ce qui fonde, en deçà de toutes les circulaires et de toutes les réformes, le métier de professeur dans une société démocratique.

Et devant les errances de la modernité, le professeur n’a rien à rabattre de ses ambitions, bien au contraire… Face à la dictature de l’immédiateté, il doit travailler sur la temporalité. Quand, partout, on exalte la pulsion, il doit permettre l’émergence du désir. Contre les rapports de force institués, il doit promouvoir la recherche de la vérité et du bien commun. Pour contrecarrer la marchandisation de notre monde, il doit défendre le partage de la culture. Afin d’éviter la sélection par l’échec, il doit incarner l’exigence pour tous.

Personne ne prétend que la tâche est facile. Elle requiert détermination et inventivité. Echanges, solidarité et travail en équipe. Elle exige du courage. Et la force de nager à contre-courant. Il ne faut pas avoir peur de la marginalité. Car, plus que jamais et selon la belle formule de Jean-Luc Godard, « c’est la marge qui tient la page. » »

Si aujourd’hui je décide d’entrer en résistance et même en désobéissance, c’est par nécessité. Pour faire ce métier, il est important de le faire avec conviction et motivation. C’est parce que je ne pourrais plus concilier liberté pédagogique, plaisir d’enseigner et esprit de responsabilité qu’il est de mon devoir de refuser d’appliquer ces mesures que je dénonce. Je fais ce choix en pleine connaissance des risques que je prends, mais surtout dans l’espérance que cette résistance portera ces fruits. J’espère que, collectivement, nous empêcherons la mise en œuvre de ces prétendues réformes. Cette action est une action constructive car dans le même temps il s’agit aussi de mettre en place des alternatives pédagogiques concrètes, raisonnables et efficaces.


Monsieur l’Inspecteur, vous l’avez compris, cette lettre n’est pas dirigée contre vous, ni votre fonction, mais je me dois de vous l’adresser et de la faire connaître. Le propre de l’esprit responsable est d’agir à visage découvert, sans faux-fuyant, en assumant les risques inhérents à cette action. C’est ce que je fais aujourd’hui.

Je vous prie de recevoir, Monsieur l’Inspecteur, l’assurance de mes sentiments déterminés et respectueux.

Alain REFALO

Professeur des écoles

Ecole Jules Ferry, Colomiers (31)

Lettre adressée à Mr l’Inspecteur de l’Education Nationale de la 17ème circonscription de la Haute-Garonne.

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