Hors et En

vendredi 1 février 2013

Rythmes scolaires… sur moi aussi

Filed under: Actualité,Education,perso — mazzhe @ 23\1143

Les rythmes scolaire, c’est pas seulement la durée de la pause méridienne… C’est aussi, par exemple, le rythme annuel.

Par exemple, on sait que la majorité des exclusions dans les établissements secondaires ont lieu au cours du deuxième trimestre. Les élèves sont plus énervés, et les profs moins patients.

Ce cycle là, je le vis de plein fouet.
J’ai beau aimer la pluie (et encore plus la neige), j’ai beau préférer avoir froid plutôt qu’avoir chaud, j’ai beau adorer les feux dans la cheminée et détester les moustiques, chaque année, c’est la même chose : j’en ai marre.
Ce n’est pas de l’hiver dont j’ai marre, non. C’est de tout et de rien… Quand j’écoute les actualités ou que je lis des mini messages sur les réseaux sociaux, j’en ai marre au bout de 2 minutes. Tout m’énerve. Je me mets à voir le côté négatif des choses. Je suis moins patient avec mes enfants… C’est l’effet « dépression hivernale ». Mais ça m’énerve, parce que je n’ai aucune raison de déprimer !!! Si encore c’était l’été, avec une chaleur accablante, mais non, même pas !

 

Revenons donc sur les rythmes scolaires…
J’ai publié il y a quelques jours une tribune de parents inquiets. Globalement, je me sens d’accord avec le texte, mais en désaccord avec ce qu’il cache.
Oui, je suis un peu inquiet de la façon dont la rentrée se prépare (c’est à dire dans la précipitation), je suis déçu des changements proposés, qui me semblent d’une grande timidité, et je trouve que cela manque de concertation et d’explications.
Mais non, je ne suis pas opposé à cette réforme !
Je la trouve un peu précipitée, mais infiniment plus réfléchie que d’autres réformes pas si lointaines.
Je trouve qu’elle manque de concertation, mais il y en a eu infiniment plus que pour d’autres réformes pas si lointaines.
Je trouve qu’elle va enfin dans le bon sens, contrairement à d’autres réformes…

Bref.

Je viens de découvrir que les « parents ensemble » voulaient geler la mise en application de la réforme. Ça, c’était pas dit, dans le texte… J’ai pas signé pour ça. Au contraire, j’ai été choqué que les mairies puissent choisir de reporter l’application de cette réforme. Ça va créer un bazar pas possible dans les inspections pour gérer ça, l’année prochaine… Bonjour. (quand je vous disais qu’il y avait des points qui m’inquiétaient…)
Quand je parcours les blogs des parents signataires, je vois que certains veulent rester sur la semaine de 4 jours. Pas moi ! Surtout pas ! Bon, à choisir, je préférerais garder une vraie pause le mercredi et avoir classe le samedi matin. Hélas, quoi qu’en dise la loi, je sais bien que cela n’arrivera pas.

J’ai signé une lettre qui disait « certains parents sont inquiets ». J’ai beau relire le texte, je suis toujours d’accord avec son contenu, et je félicite une nouvelle fois les rédacteurs qui ont réussi à rassembler les idées communes de parents aux opinions parfois très diverses.

Je doute cependant que ces rédacteurs réussissent à faire des propositions concrètes qui obtiendraient le même assentiment unanime des ces mêmes parents.
Et je ne me sens pas faire partie d’un « collectif », mon acte était ponctuel, sur un texte précis, et j’en ai marre de toutes ces polémiques stériles… (Vous avez vu ? Je m’énerve. C’est l’effet hiver. Je suis fatigué. Il faut que j’arrête là.)

Avant que j’aille dormir, une dernière chose : allez lire le blog de Charivari au sujet de cette réforme. Je suis complètement d’accord avec elle…

Bonne nuit !

Publicités

mardi 9 octobre 2012

Bisounours ou Pokémons ? La politique selon ma femme…

Filed under: perso — mazzhe @ 9\0934
Tags: , , , ,

Ce matin, après avoir écouté Jean-Louis Borloo sur France Inter affirmer son ancrage à droite, je tentai d’en faire un résumé à ma femme. Elle me répondit par une injure à son encontre…

Alors que j’entrepris alors de prendre sa défense en expliquant qu’il avait évoqué la possibilité de travailler avec François Bayrou et le MoDem pour les élections européennes, elle me dit :

Tu es trop gentil. Tu es un bisounours. En politique, des fois, il vaut mieux être un pokémon. Ils sont mignons, mais ils ont des évolutions : quand il faut se fâcher, ils peuvent devenir féroces… Tu demanderas à ton fils de t’expliquer.

…!

samedi 6 octobre 2012

Expérience « sans voiture » : problème, solution

Premier point d’étape de notre expérience.

Le premier problème rencontré lorsqu’on se sert du vélo comme moyen de transport, c’est la transpiration…
Quand je vais à la piscine ou que je rentre à la maison, ce n’est pas gênant, car une douche m’attend à l’arrivée. Mais quand je dois aller au travail, à une réunion ou chez des amis, c’est plus délicat.

J’ai essayé un anti-transpirant. Le résultat est satisfaisant, car il permet de rester relativement frais (visuellement et olfactivement). Ce n’est cependant pas une solution miracle… Si le corps a vraiment besoin de se refroidir, il trouvera bien un moyen de vous faire suer.
D’ailleurs, en général, il ne se prive pas de vous jouer des tours : vous êtes encore secs lorsque vous arrivez, et le temps d’attacher votre vélo, zou, vous voilà trempé. Mais pourquoi diable ? Ce n’est pas l’effort nécessaire pour soulever une clé qui justifie de vous mettre dans cet état ? Non, bien sûr. Mais tant que vous vous déplacez, le vent suffit à vous refroidir. À l’arrêt, fini le vent, donc le corps remet la clim à fond !

La solution est donc d’arrêter de faire chauffer le corps quand la ventilation est encore suffisante. On lève un peu le pied avant d’arriver, on reste en roue libre ou en pédalant tout doux sur les dernière mètres. Votre corps se met au repos sans avoir besoin de la clim.
Super, non ?
Mmmm… Moui, presque… parce que j’ai toujours un souci, moi : quand j’arrive pour travailler aux Buttes Chaumont, je finis par 200m de montée à 7%… Difficile à gravir en roue libre.
Alors j’ai changé d’itinéraire. Je fais un détour. Mon trajet est plus long, mais la montée est plus tôt, un peu plus douce, et me permet de finir par une minute de calme plat.

Enfin, au cas où, j’ai ajouté un gant, une serviette et une chemise de rechange dans mon sac.

Voilà pour ce problème : ma voiture peut avantageusement être remplacée par un vélo, un déo, un repos et si il faut, un point d’eau !

mardi 18 septembre 2012

Semaine de l’immobilité

Filed under: Actualité,Développement durable,Orléans,perso — mazzhe @ 9\0957

Cette semaine, c’est la semaine de la mobilité…

A Orléans, l’AgglO propose différentes animations ou évenements
Je serais bien allé à la conférence de ce soir, et j’aurais aussi voulu faire un petit tour à vélo pour prendre quelques photos.
Hélas, pour moi, ce sera une semaine d’immobilité ! Je suis cloué à mon fauteuil le temps d’un lumbago…

Aie !

lundi 10 septembre 2012

A-t-on vraiment besoin d’une voiture ?

Comme je vous l’expliquais dans mon dernier article, ma femme et moi hésitons à reprendre une voiture.
Cette réflexion tombe à point, juste avant la semaine de la mobilité (journée sans voiture).
Voici les éléments de notre réflexion…

Nous avons besoin d’une voiture parce que, pour faire court, nous sommes une famille nombreuse !
Détails…
– Avec 5 enfants entre 9 et 1½ ans, partir en vacances sans voiture, par exemple par le train, c’est plus cher, mais surtout difficile, très galère, impossible, impensable, inimaginable, laissez tomber.
– Aller faire les courses à vélo, pour un couple d’amoureux, c’est très bucolique… Mais pour 7 personnes, ça devient plutôt acrobatique ! (comptez environ 18 litres de lait, soit 3 packs, par semaine, puis ajoutez 50 yaourts, « un peu » de chocolat…)
– Et le mercredi ? Aller chercher l’ainé (et son violoncelle) au solfège, emmener le deuxième (et un copain) à la piscine, et il serait bien que notre numéro trois fasse une activité, aussi, cette année, pour éviter de se défouler sur le canapé… Ah zut, il y a aussi le rendez-vous d’ophtalmo de notre fille… Les transports en commun, c’est pratique, mais c’est nettement moins rapide…
– On est toujours en train de réaménager notre maison. Vous croyez qu’on peut mettre des plaques de plâtre dans le tram ? Emporter une baignoire à la déchetterie sur mon vélo ?
– Nous avons accepté des responsabilités associatives, ce qui entraîne quelques réunions vespérales. On peut se débrouiller pour se faire emmener, mais qui remmènera notre babysitter à 23h30 ?

D’un autre côté, nous avons de la chance parce que…
– Je travaille maintenant à domicile, ou à Paris. Je peux donc atteindre mon lieu de travail, suivant les jours, en pantoufles ou en bus+train+vélib.
– Ma chère et tendre ne travaille pas, enfin si, elle a beaucoup de travail, puisque nous avons 5 enfants, mais pour la maison, à la maison.
– L’école est à 5 minutes à pieds (et encore : les pieds de notre fille de 3 ans, qui n’est pas toujours pressée d’avancer)
– Nous avons un supermarché tellement proche de chez nous que je reviens avec le chariot pour le vider directement dans le frigo avant de le remmener sur le parking (et il m’est arrivé d’être plus rapide que ceux qui chargent leur voiture). Il propose moins de choix que le grand hypermarché un peu plus loin, ni les scanners qui permettent de passer plus rapidement à la caisse, mais on ne va pas se plaindre.
– Nous avons 3 lignes de bus et 1 ligne de tram à moins de 1 km.
– J’ai réussi à réparer mon vélo.
– Orléans lance dans une semaine son service d’auto-partage : Auto’Tao. Une station sera à moins d’1 km de chez nous. Aucune voiture ne permettra de mettre 5 enfants (et 4 sièges auto) et 2 adultes, mais on ne se déplace pas toujours avec le cheptel au complet…

Et pour couronner le tout :
– Mes parents, actuellement en coopération à l’étranger, m’ont demandé de veiller sur leur voiture. Équipée de strapontins dans le coffre, elle peut occasionnellement emmener 7 personnes (si il n’y a pas de bagages).

Nous avons donc décidé de tenter l’expérience d’une année sans voiture.

L’idée n’est pas de renoncer à la voiture, mais de profiter de nos conditions actuelles, pour évaluer notre besoin réel. A chaque fois que nous emprunterons la voiture de mes parents, nous noterons le temps, le kilométrage, et le coût si nous avions loué la voiture d’Auto’Tao ou celle d’un loueur privé.
Nous pourrons, à la fin de l’année, faire le bilan de l’expérience, et décider ou non de racheter une voiture…

mercredi 5 septembre 2012

Nouvelle année, nouvelle vie, nouvelle expérience.

J’ai hésité pour le titre de cet article :
« Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde » sonne bien, mais c’est d’un trop haut niveau pour ce que j’ai à dire.
« C’est la rentrée ! » est peut trop classique…
« Le changement, c’est maintenant » a un air de déjà vu…
Mais c’est un peu tout ça que je veux écrire ce soir.

Non, je ne vous parlerai pas de mon bonheur professionnel, je veux vous parler de ma voiture (sujet qui peut paraître inhabituel sur ce blog, mais vous allez vite comprendre pourquoi).

J’avais une voiture qui avait déjà pas mal roulé, puisqu’elle avait dépassé les 15 ans et 350 000km. Mais lors du dernier contrôle technique, le contrôleur m’a confirmé ce que je pensais : ça y est, c’est fini. Paix à son âme.

Première question :
Que faire d’une voiture qui roule encore correctement, mais qui vaut moins que le coût de la remise aux normes ?
Je n’avais pas envie de la jeter dans une casse quelconque. Je m’y étais un peu attaché et je n’aime pas jeter ce qui peut encore servir…
J’ai trouvé une solution plus noble : je la donne demain à une association « les autos du cœur« , qui procédera aux réparations nécessaires pour qu’elle soit sûre et qu’elle aie le droit de rouler. Elle servira ensuite pour une famille qui n’a pas les moyens d’en acheter une.
Tout le monde est content : la future famille, l’association, la voiture et moi.

Deuxième question :
Comment la remplacer ?
Nous avions bien anticipé le besoin et mis de l’argent de côté. Mais en a-t-on assez ? Quelle voiture choisir ? Après avoir, au début de l’été, comparé longuement les petites annonces et le compte en banque, on a fini par se poser la question de notre besoin réel.

On en arrive donc à notre troisième question :
En a t-on vraiment besoin ?

Je vous détaillerai notre réflexion, et notre décision, dans les jours à venir.
Ceux qui sont cependant impatients de connaître la réponse peuvent toujours relire le titre et le premier paragraphe de cet article… 😉

jeudi 5 juillet 2012

La page est tournée.

Filed under: Education,perso — mazzhe @ 17\0526

Ca y est, une page est tournée.

Est-ce juste une année scolaire qui s’achève, comme d’autres ? Non. C’est la quille, la libération, la fin d’une épreuve, le début du bonheur…

Depuis plusieurs années, l’Éducation Nationale m’a complètement vidé.
A partir de l’année prochaine, elle va me décharger complètement…

A partir de l’année prochaine, bien que je reste officiellement un employé de l’éducation nationale, je ne serai plus chargé d’enseigner. Je quitte les salles de classes, la craie, le sourire et les cris des élèves, et les conseils d’école. Les évaluations, les inspections, les préparations et les corrections. Les PPRE, l’APER, le B2I, et l’APS…
Finies les longues soirées d’hiver (et d’été) angoissées, passées à préparer des cours, sans avoir le temps de faire quelque chose de qualité. Finis les week-ends de travail pour les enfants des autres, qui m’empêchent de profiter de mes enfants à moi.

Je vais me rendre utile différemment, derrière un ordinateur. De nombreux collègues, écrasés par le mammouth, tentent de faire leur métier dans des conditions satisfaisantes. Ils sont pour cela soutenus par des élus du personnel, et je vais essayer de faciliter la communication entre eux. Ce sera mon travail, la raison pour laquelle je serai déchargé.

Pour moi, il s’agit d’un soulagement. J’ai l’impression de sortir de prison. Je vois le soleil. Je respire l’air de la montagne. Je me sens bien… J’en suis impressionné : j’ai beaucoup aimé mes élèves de cette année. Je pensais que j’aurais un pincement au cœur en les quittant, en tournant la page… Et bien non, rien. Je jouis d’un plaisir sans nuage. Je jubile devant le paysage qui s’offre à moi, sans un regard en arrière. Je me sens bien, je me sens jeune, je me sens libre, je me sens neuf, je me sens en vacances, à la retraite à 35 ans.

Je n’ai plus de travail : je suis employé. Ça change la vie…

Quel bonheur !

PS : Un livre qui pourrait m’intéresser est sorti récemment, mais je n’ai pas le courage de le lire. Il me faudra quelques années, je pense, avant de le pouvoir. Si vous l’avez lu, n’hésitez-pas à m’en faire part, ça m’intéresse !

dimanche 13 mai 2012

Travail / Emploi

Filed under: perso — mazzhe @ 12\1226
Tags: ,

Ma vie professionnelle se partage en deux mi-temps.

Les dimanches, lundis et mardis, j’ai un travail :

De l’ancien français travail (« tourment, souffrance ») venant du bas latin tripálĭum : « instrument de torture à trois poutres ».

Les jeudis et vendredis, j’ai un emploi :

de employer, issu du latin implicare : « impliquer ».

La décision que j’ai prise l’année dernière était bonne. A partir de l’année prochaine, je ne travaillerai plus. Je serai impliqué…
Et je pourrai profiter pleinement cette phrase de Confucius  : « 选择你所爱的工作,你将永远不会有一天在你的生活。 » ( « Choisis un métier qui te plaît, et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie. » )
Allez, en attendant, j’ai encore du travail, je vous laisse…

mardi 31 janvier 2012

Un journée d’enseignant

Filed under: Education,perso — mazzhe @ 22\1030
Tags: , ,

Il est 20h20, j’arrive chez moi.

La journée a été assez difficile. Mes élèves (9 à 11 ans) étaient énervés. Étais-je différent aujourd’hui (Les élèves nous renvoient souvent notre image : si je suis fatigué, ma classe va être énervée. Si je suis dynamique, motivé, ma classe va l’être aussi, si je suis calme, détendu, ma classe va être studieuse… C’est un système de mesure de l’état de santé imperceptible. C’est souvent après avoir remarqué que quelque chose n’allait pas dans ma classe que je prends conscience de mon état de santé.) ? Je ne crois pas. Est-ce dû aux quelques flocons de neige qui sont tombés ? Je ne crois pas. Il n’y en avait pas assez… Est-ce dû à l’effort particulier que je mets en ce moment sur Jason, pour qu’il reste assis à sa place, qu’il cesse de crier et de jeter son matériel en l’air ? Je ne pense pas. J’essaye au maximum que cet effort ne se fasse pas au détriment des autres élèves. Est-ce dû à la longue séance de sport de cet après-midi ? Non, ce n’est pas la première fois qu’on y va…

Ils étaient bavards, peu attentifs, peu concentrés… Même Domitille et Agathe, habituellement studieuses, étaient ailleurs, aujourd’hui…
Je ne sais pas pourquoi ils était plus énervés. Je ne le saurai pas.

A 16h30, en refermant le portail, j’étais vidé. Comme d’habitude, je suis retourné m’assoir à mon bureau, et comme d’habitude, j’ai essayé de ranger mollement les papiers qui traînaient, les photocopies non distribuées, les notes et idées qui me serviront pour préparer la suite des cours, la liste de paiements pour le spectacle de la semaine prochaine… Je n’y arrive pas. Je fais une chose, puis je passe à une autre. Ce n’est pas grave. Cette inefficacité, je l’assume, c’est ma façon de décompresser après la journée dans l’arène, sans pour autant avoir l’impression de ne rien faire. Ce n’est que vers 17h15 que je retrouve de l’énergie pour travailler vraiment.
J’ai un travail à préparer pour 6 élèves qui en ont besoin. Je dois le faire ce soir, puisque le jeudi, ce n’est pas moi qui suis dans la classe, c’est ma collègue. Puis je prends le cahier de liaison pour lui noter les points à savoir. Je lui explique le comportement de Jason, je lui dis la réponse que nous a faite la mère de Kenny, je lui demande de transmettre le travail que j’ai promis à ces 6 élèves, et je réponds à sa question sur la liste des élèves de CM2. A 18h, j’entends les élèves quitter l’étude.

Je dis à la dame de service que j’ai encore pas mal de travail… Je note sur mon ordi mes remarques pour les prochaines journées, car sinon j’aurai oublié. Ce n’est pas facile d’avoir 2 métiers. Puis enfin, vers 18h30, il ne me reste plus qu’une chose à faire. Je n’ai pas de courage, mais je sais qu’il faut le faire, car tout retard n’est pas rattrapable : il faut corriger les cahiers. C’est là que je découvre si mes élèves ont compris la notion vue dans la leçon précédente, ce qu’il faut approfondir, revoir, et ce qui est acquis. J’aimerais avoir le temps de faire cela en classe, pour pouvoir mieux aider les élèves. C’est plus efficace d’agir sur une difficulté tout de suite, que d’attendre la correction la semaine suivante… Et je sais que la correction sur le cahier n’est souvent même pas lue par les élèves qui en auraient besoin. Je continue cependant à écrire des conseils que je n’ai pas pu dire à l’oral… « Attention ! Relis la leçon : avec l’auxiliaire être, tu dois accorder le participe passé… » C’est quand même plus utile qu’un « vu« . J’aimerais avoir le temps de faire cela en classe, à l’oral, mais j’ai un double niveau : quand 22 CM1 font leurs exercices sur le cahier, tout seuls, j’en profite pour faire une leçon avec les 7 CM2. Je ne peux donc pas aider les élèves du CM1 qui en auraient besoin. Certains enseignants y arrivent. Je ne sais pas comment ils font. Je n’ai pas encore assez d’expérience pour cela.

Pour corriger en détail les 29 cahiers, il me faut 1h30. C’est donc vers 20h que je peux mettre l’école sous alarme (je suis souvent le dernier à partir) et rentrer chez moi.
Lorsque j’arrive, je peux embrasser mes enfants et les coucher, avant de dîner. Après, je prendrai du temps pour moi, pour lire mon courrier, des articles sur internet, et pour discuter avec ma femme des projets de travaux. Ce soir, j’ai de la chance : on est mardi. Pas besoin de me remettre à travailler pour préparer la journée de demain… Le lundi, je travaille de 22h à minuit, voire 1h du matin, selon ce que je prévois pour le mardi.

Est-ce toujours comme ça ? Est-ce pareil pour tous les instits ?

Non.

Non, ce n’est pas toujours comme cela.
J’ai de la chance, car j’habite à 20 minutes de chez moi seulement, à vélo, pas comme Charivari, nommée à 1h de voiture de chez elle, et tant d’autres (quelques exemples parmi d’autres).
J’ai beaucoup de chance, parce que je ne suis instit qu’à mi-temps. Je peux souffler le reste de la semaine, en faisant un autre travail qui me plaît.
J’ai de la chance, parce que ma classe est difficile, mais normale, pas comme celle que j’ai eu il y a deux ans. Lorsque je rentrais à 21h, je me mettais à pleurer, allongé sur la canapé.
J’ai de la chance car je ne suis pas tout débutant.
J’ai de la chance, car je n’ai pas été nommé directeur, comme c’est la cas pour certains collègues, qui se retrouvent contre leur gré avec des responsabilités supplémentaires.
J’ai de la chance car j’ai plusieurs cordes à mon arc, et je peux envisager de faire autre chose que de l’enseignement l’année prochaine.
J’ai de la chance car j’ai une femme qui a choisi comme travail de s’occuper de notre famille, et cela facilite la vie quotidienne.
J’ai de la chance, beaucoup de chance, car je ne suis ni en ZEP (ou REP, ou Éclair, peut importe : le nom ne change pas la réalité qu’on y vit), ni en CLIS, ni en UPI, ni en (S)EGPA, ni sur tant d’autres postes où sont nommés les collègues qui n’ont pas assez d’ancienneté.
J’ai de la chance, car je suis dans un niveau que j’aime et que j’aurais choisi si j’avais eu le choix.
J’ai de la chance, parce que je viens d’avoir une promotion au grand choix qui me permettra d’avoir un salaire supérieur à 1700€ nets.
J’ai de la chance, car j’ai un inspecteur qui est un supérieur honnête, qui ne met pas de pression inutile sur ses enseignants, qui ne cherche pas le plaisir du pouvoir.
Cette année, j’ai de la chance.

mardi 27 septembre 2011

Dis Papa, on est pauvres, nous ?

Filed under: perso — mazzhe @ 14\0247

Suis-je pauvre ou suis-je riche ? C’est une question que je me pose de plus en plus fortement…

Ayant aujourd’hui un peu de temps libre imprévu, j’ai posé la question à Saint Ternet. Elle était ainsi formulée : « Saint Ternet, dis moi quel est le revenu moyen des français… » J’aurai dû m’y attendre, la réponse était loin d’être un simple chiffre…

Parlons-nous du salaire moyen ? De l’ensemble des salaires et prestations ? Avant ou après impôt ? Par personne ou par foyer ?
Il m’a fallu fouiner un peu plus, mais j’ai ma réponse :

Si on regarde les revenus de mon foyer, comme je gagne plus que 33 896 € par an (prestations familiales comprises), je me trouve, d’après wikipédia, parmi les 10% de français les plus riches ! Je suis dans le même groupe que Mme Bettencourt ? Eh oui, pas du même côté du groupe, mais dans le même groupe quand même…

Mais alors si je suis riche, pourquoi est-ce que j’ai l’impression d’être pauvre ?

Et bien mon brave monsieur, m’a expliqué ce même site, c’est parce que vous confondez « revenu disponible » et « niveau de vie »…
– Ah, mais qu’est-ce donc que cela, précisément ?
– Et bien le niveau de vie, c’est le revenu disponible divisé par un nombre d’unités de consommation (calculées en fonction de la composition de la famille).
– Ah, et pour moi, ça donne quoi ?

Et bien pour moi, ça donne que je me retrouve dans la catégorie « individus modestes ». Avec moins de 1 100 € par mois, Je fais partie des 30% de français les plus pauvres…

Ce grand écart entre les pauvres et les riches est très inconfortable. Je me sens jaloux des gens dont je suis proches, parce que j’ai l’impression d’être pauvre, par rapport à eux, mais je ne peux pas décemment dire que je suis pauvre, vu les revenus dont je dispose par rapport aux « vrais » pauvres…

Finalement, j’ai compris que si je suis pauvre, c’est, contrairement à d’autres, parce que je l’ai choisi. C’est bien moi (enfin, avec ma femme, quand-même) qui ait choisi d’avoir des enfants. Qui a dit que les enfants sont une richesse ? Si j’avais su…

Bon, il me reste une question, tout de même :
À cause de mes enfants, suis-je un riche pauvre, ou un pauvre riche ?


* Pour ceux qui seraient inquiets : si j’avais su, j’aurais fait les mêmes choix ! Je ne regrette rien !

Page suivante »

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.