Hors et En

lundi 11 novembre 2013

L’Alternative

Filed under: Actualité,Hors,Mouvement Démocrate — mazzhe @ 17\0545

La semaine dernière, le Mouvement Démocrate a envoyé un courrier pour pour présenter le texte de « l’Alternative », que François Bayrou a signé avec Jean-Louis Borloo.
Voici la réponse que je leur ai faite.

Bonjour,

J’ai suivi l’annonce de la création de « l’Alternative » mardi, et j’ai lu attentivement le texte que vous nous proposez.

Je trouve très pertinente l’analyse que vous faites de la situation de la France, et je me réjouis que les deux formations centristes se rassemblent enfin pour se mettre en situation de faire avancer la France.
Je me reconnais pleinement dans la description de notre identité humaniste, démocrate, réformiste, européenne et écologique…

Cependant, je suis gêné par les buts que vous exprimez, qui ne sont pas pleinement les miens.

Oui, nous pouvons condamner la politique menée actuellement, mais sans pour autant se placer dans l’opposition. Le mot « opposition » renvoie à une vision du monde dépassée, à un affrontement d’un bloc contre un autre, que j’ai combattus en militant au MoDem. Le mot « opposition » est par nature manichéen.
Je ne suis pas dans l' »opposition ». Je suis dans la proposition, dans la construction.

Non, l’alliance avec le PS n’est pas « impossible ». Elle n’est pour l’instant pas possible, compte tenu des choix qu’ils font. Mais la gauche n’est pas un ennemi à combattre ! C’est un autre adversaire de nos ennemis communs que sont, par exemple, le chômage, la peur, l’ignorance, le mal-être des Français… Suivant la stratégie que les socialistes adoptent, nous pouvons travailler avec eux ou non.
Quant à la droite, elle n’est en rien un partenaire « naturel ».
L’UDI peut être un partenaire naturel du MoDem. Le MoDem peut être un partenaire naturel de l’UDI.
Mais la droite n’est pas plus légitime que la gauche à être notre partenaire commun. Suivant la stratégie qu’ils adoptent, nous pouvons travailler avec eux ou non.

J’ai défendu les idées du MoDem, qui proposait une nouvelle façon de voir la politique et la possibilité de travailler avec tous les hommes et femmes de bonne volonté, en fonction de leur idées et non de la couleur de leur logo.
Je ne pourrai plus soutenir le MoDem si il se résigne, in fine, à accepter le bipartisme.

Je reste donc dans l’attente de voir  comment ce texte sera mis en œuvre, par exemple avec la préparation des municipales, à Orléans ou ailleurs…

samedi 11 février 2012

Éducation : comparaison des discours de François Bayrou et François Hollande

Les François parlent aux François :

C’est toi qui portes l’espoir, François, nous comptons sur toi.
– C’est bien de porter un beau prénom comme ça, pour être président !

Mais qui est-ce qui parle ? Bayrou ? Hollande ? Fillon ? Bonneau ? Mitterrand ? Baroin ?
Ici, il s’agissait de l’accueil de François Hollande par François Bonneau, président de la région Centre, le 9 février, pour le discours du candidat à la présidentielle sur l’éducation. J’ai été amusé de voir que ces phrases, qui ont été prononcées comme cela, sans patronyme, pourraient sans doute recueillir les suffrages de beaucoup de François, pardon, de Français.

Comme j’avais assisté au forum « Instruire, former, éduquer » de François Bayrou la semaine dernière, et que François Hollande prononçait son discours sur l’éducation à moins de 5 km de chez moi, je me suis dis que c’était l’occasion de comparer les deux discours.

Pour ma part, je les ai trouvés assez proches, et j’en suis très heureux : cela laisse espérer du mieux dans le système éducatif français pour le prochain quinquennat. Voici donc, mises côte à côte, quelques déclarations des deux François. Vous y verrez des points communs et quelques différences.

Les grandes déclarations :

FB : L’école, c’est la République.
FH : Je suis venu  vous parler de l’Ecole de la République, qui est le fondement de notre pacte démocratique.

L’école est une priorité liée à l’économie :

FB : Nous considérons que les deux verbes produire et instruire, sont intimement liés c’est-à-dire qu’il n’y a pas de « réarmement » productif du pays si, en même temps, il n’y a pas un « réarmement » éducatif. L’un soutient l’autre et l’un et l’autre sont liés comme une condition nécessaire pour la réussite du projet.
FH : J’ai voulu mettre la jeunesse au premier rang de mes engagements parce qu’elle est la condition de notre redressement. La compétitivité, dont on va nous parler beaucoup au cours de cette campagne, ce n’est pas seulement une comparaison entre des coûts […]  la compétitivité c’est la capacité technologique, c’est l’investissement humain, c’est le savoir-faire, c’est le niveau de formation d’une Nation. Notre jeunesse nous fournit les meilleures armes dans la mondialisation.

La reconnaissance et le statut des enseignants :

Ce thème est très présent dans le discours de François Bayrou. Je ne mets ici qu’un extrait, si vous voulez tout lire, vous trouverez le lien vers le discours en bas d’article.

FB : Je suis pour une société qui s’affirme solidaire avec ses enseignants. […]. De sorte qu’il est juste et nécessaire, de rappeler que les enseignants travaillent sauf exception beaucoup plus de 35 heures ! Les chiffres du ministère eux-mêmes le disent.
Orientation 4 : il faut restaurer la confiance de la nation dans ses enseignants. […] Je ne suis pas favorable à ce que l’on remette en cause le décret qui définit le statut des enseignants.
FH : Si nous voulons qu’il y ait des équipes pédagogiques, un nouveau temps de travail, un déroulement de carrière, une pérennité des équipes, une coordination avec les autres institutions… : bien sûr qu’il faut une politique d’éducation avec les moyens nécessaires ! […] Quel avenir a un pays qui maltraite ses professeurs ? Qui se trouve incapable d’en recruter pour assurer les besoins d’instruction et d’éducation ? Mais refuser d’entrer dans la discussion du statut des enseignants, ce n’est pas pour autant considérer que le métier ne doit pas évoluer, que ses missions ne doivent pas être discutées.

François Hollande est moins clair sur ce sujet… Il dit vouloir « un nouveau temps de travail », mais donner de précisions. Que doit-on lire entre les lignes ?

Adapter les moyens humains pour faire baisser l’inégalité des chances :

FB : Orientation 14 : Pour prévenir ces échecs, il faut penser le nombre d’élèves par classe en fonction de la réalité de la classe. À classe difficile, petit nombre d’élèves, à classe équilibrée et de bon niveau, plus grand nombre d’élèves.
FH : L’encadrement scolaire, notamment dans les écoles qui cumulent le plus de difficultés – sociales, familiales, territoriales – aux moments clés de la scolarité, sera là encore renforcé. Et je m’engage sur le principe : plus d’enseignants que de classes. Parce que, parfois, il faut y mettre la présence humaine indispensable si on veut lutter contre l’échec.

Les rythmes scolaires… :

FB : Orientation 18 : les rythmes scolaires doivent être reconstruits. Il n’est pas normal que l’école française soit celle qui concentre le plus d’heures de cours sur le moins de jours de classe. Les horaires des élèves, devoirs compris, ne devraient pas dépasser une charge horaire d’une trentaine d’heures par semaine, ce qui veut dire presque autant que leurs parents. Ceci signifie évidemment un allégement des horaires pour un grand nombre d’élèves. Les heures ainsi gagnées seront utiles aux enseignants pour le travail en commun, et aux établissements pour des programmes au choix qu’ils pourront élaborer.
FH : Les rythmes scolaires seront réformés, en allongeant le temps sur l’année et en diminuant les surcharges journalières, sans diminuer bien sûr le temps passé à l’école.

Les élèves en difficulté, le réseau d’aide :

FB : Orientation 10 : Les principales difficultés des élèves très jeunes sont psychoaffectives. Elles ne sont pas, pour la plupart du temps d’ordre pédagogique ou de l’ordre des capacités. Les repérer tôt par une formation et un réseau adapté, c’est donner une chance de les résoudre soit au sein de l’école soit par l’intervention, plus souvent encore, de pédopsychiatres. [ C’est ] un service à leur rendre et probablement la stratégie la plus efficace contre l’échec scolaire.

Je n’ai trouvé aucune proposition dans le discours de FH sur ce sujet…

Le premier lieu d’éducation :

FB : Orientation 11 : le premier lieu de l’éducation c’est la famille : favoriser la mise en place -je n’ai pas trouvé de meilleur nom- d’écoles de parents associatives pour aider ceux qui ont des difficultés à accompagner leur enfant, me paraît-là une vraie aide, une vraie assistance aussi aux enseignants.
FH : j’ai décidé de faire de l’école maternelle et de l’enseignement primaire une priorité. Parce qu’il faut commencer par le commencement. Il faut investir là où l’arme éducative est la plus efficace.

(Si c’est différent, on notera cependant que ce n’est pas incompatible…)

La pédagogie : (question très importante à mes yeux ! Comme les autres, me direz-vous…)
Je mets en commentaire (pour ne pas alourdir l’article, déjà trop long) le texte de Bayrou concernant son idée de la pédagogie.

FB : Orientation 12 : la question des méthodes pédagogiques doit être tranchée non pas par l’idéologie mais par l’évaluation des résultats.
Et je considère que ce n’est ni au gouvernement ni au président de la République de trancher des méthodes d’apprentissage, c’est à la classe, au résultat effectif, à condition qu’aucune méthode ne se voie exclue pour raison idéologique. Et c’est donc par l’évaluation des résultats que l’on doit trancher de la question des méthodes.
FH : Les pédagogies doivent évoluer. Le travail en équipe doit être encouragé. Le recours aux exercices, à l’implication des élèves, tout autant. Tout ce qui doit être fait, c’est pour permettre l’épanouissement de l’élève.

Selon moi, il y a une phrase de trop chez Bayrou : la question des méthodes ne sera jamais tranchée. Si les évaluations sont bien faites, je pense qu’elles montreront que certaines méthodes marchent bien avec certains élèves, et d’autres méthodes avec d’autres élèves. On ne trouvera pas une méthode universelle, même (et surtout) si on fait de tout, comme le propose Hollande…

La formation des enseignants :

(juste une parenthèse sur le bilan de ce qui a été fait de la formation pendant le quinquennat qui s’achève : lisez ici ce qu’en dit la cour des comptes, c’est accablant !)

FB : La reconstruction d’une année de formation en alternance avec exercice dans la classe et transmission de l’expérience d’autres enseignants est impérative et étroitement liée au contrat de progrès dans l’Éducation nationale. Il s’agit du moyen et du seul moyen de familiariser les enseignants recrutés et débutants avec l’expérience de leurs collègues plus expérimentés et plus assurés. Il s’agit d’armer les jeunes enseignants et de leur faire ainsi gagner des années d’expérience.
FH : Les systèmes éducatifs les plus performants sont ceux qui assurent une formation initiale et continue des professeurs, de grande qualité. […] Donc, je rétablirai la formation initiale et continue des professeurs. Les universités auront la responsabilité de cette formation. Les actuels IUFM se transformeront en Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation. Je souhaite que tous les professeurs, quels que soient leurs niveaux de recrutement, qu’ils se destinent à enseigner en maternelle ou qu’ils se destinent à être à l’université, partagent un moment de formation commun dans ces écoles supérieures. C’est cela, la République ! C’est l’échange entre la théorie et la pratique, la recherche pédagogique, l’expérience et les niveaux de formation. L’année de stages sera donc rétablie.

Si leurs avis sont proches, je reconnais avoir un faible pour l’idée de Hollande d’une école universitaire supérieure du professorat et de l’éducation pour tous les futurs enseignants.

Le collège (unique ?) :

Ici, c’est François Hollande qui donne plus de détails, que vous pourrez retrouver en lisant son discours. Je ne mets que quelques extraits.

FB : Orientation 15 : le collège doit être diversifié. Il est normal et juste que la nation veuille garantir un bagage à tous les enfants, mais ce bagage de connaissances et de méthodes ne peut être apporté dans l’uniformité. Pour un certain nombre d’élèves en situation de rejet de l’école un « collège hors les murs » avec des pédagogies adaptées doit permettre une reconstruction et le retour, s’il le souhaite, à la voie classique.
FH : le collège unique permet aussi la diversité des parcours. Ce n’est pas un système où tous les élèves passent sous la toise. Nous avons besoin d’une structure commune à tous les élèves. […] Mais, en même temps, l’orientation ne peut pas être trop tôt – sinon, nous savons bien qu’elle sera un déterminisme social, une sélection en fonction du milieu où les enfants de pauvres iront toujours dans les mêmes filières. […] je refuse une orientation dès la fin de la cinquième, parce que c’est trier encore au plus tôt et aggraver les inégalités. Ce que je veux, c’est l’inverse : permettre à chacun de construire ses choix positivement, lui donner la possibilité d’acquérir des moyens de sa culture, de sa citoyenneté, de sa liberté, dans un collège qui réunit tous les enfants de la République.

La formation professionnelle :

FB : Orientation 21 : .l’enseignement professionnel doit reposer non pas sur l’élimination mais sur la vocation, par la découverte des métiers, par l’alternance ou l’apprentissage.
FH : [je veux] faire de nos filières professionnelles des vraies filières d’excellence, avec des orientations positives et pas imposées, et des débouchées assurées, et pas subis.

Les nouvelles technologies :

FB : Orientation 30 : réflexion générale sur l’éducation numérique. C’est très important pour l’avenir. Je vous ai dit ce que je pensais d’Internet, de ses chances et de ses risques. Moi qui le pratique quotidiennement comme beaucoup d’entre vous, je pense qu’il y a là un gisement de progrès considérable. En même temps, je veux dire qu’il n’y a pas d’éducation qui soit déshumanisée, il n’y a pas d’éducation qui soit entièrement dématérialisée et que les ressources de ce que l’on appelle le e-learning sont, pour l’avenir, en même temps un immense enrichissement des possibilités de formation et de découverte, et un univers qu’il nous faut apprendre et que les jeunes, les élèves et les étudiants doivent apprendre
Je propose une réflexion générale sur la coopération entre l’enseignement numérique et l’enseignement classique traditionnel dans les classes.
FH : les nouvelles technologies ne peuvent pas rester à la porte de nos écoles, de nos établissements. […] chaque élève de collège, dans mon département, reçoit dès la sixième un ordinateur portable. […] Le problème est que les enseignants n’ont pas été formés à ces nouvelles technologies. Il faudra faire un grand plan de formation pour ces nouvelles technologies, si nous voulons les diffuser.

Le respect, et la sécurité :

FB : Le calme, le respect, l’attention particulière aux élèves, la sécurité des enfants et des parents, l’assurance que les enseignants retrouveront la
sérénité dans leurs cours, cela nous allons le reconstruire et nous allons le reconstruire dans l’école de la République.
Orientation 3 : il faut refaire de l’école un lieu d’où la violence est exclue et où le respect est la règle entre élèves et enseignants, à l’égard des enseignants et dans la cour de récréation.

FH : respect de l’enseignant, respect de l’autorité, respect des lois. Et, là aussi, le respect s’enseigne […] L’autorité, aussi, doit être restaurée. L’autorité fondée sur les qualités morales et intellectuelles reconnues, et sur l’exemplarité de celui qui la détient.

Et, à cet égard, la sécurité doit être assurée, aussi, dans les établissements. […] j’ai proposé d’augmenter la présence des adultes dans les établissements et de permettre un travail en équipe, une stabilité de ces équipes et la création d’un nouveau métier : chargé de la sécurité et de la prévention, dans les établissements qui sont les plus exposés aux violences.

Les exigences ministérielles qui éloignent de la classe :

FB : Orientation 8 : arrêter avec les surcharges administratives, la multiplication des réunions, l’avalanche des livrets de compétences. À l’école comme dans tous les autres secteurs d’activité, la surcharge paperassière étouffe, asphyxie et ne sert à rien.
FH : Il y aura aussi la fin des évaluations permanentes, qui aujourd’hui accablent les professeurs et qui ne produisent que des statistiques. Bien sûr que je suis favorable à l’évaluation de l’école, mais à une évaluation indépendante et incontestable.

L’histoire en terminale S :

FB : Je suis déterminé à rétablir l’enseignement de l’histoire en terminale scientifique.
FH : Je rétablirai l’enseignement de l’histoire en terminale scientifique.
(Sans commentaire…)

Voilà…

Je n’ai mis ici que les phrases de « profession de foi » ou de projet, qui permettent de mieux connaître le candidat. Je n’ai pas remis les nombreuses phrases qui parlent du bilan du quinquennat, de l’état de l’Éducation Nationale aujourd’hui, des erreurs passées… Les deux François sont d’accord sur ces constatations très négatives (qui constituent d’ailleurs plus du tiers du discours de François Hollande, comme le montre cette image)…Part des constatations négatives ou attaques dans le discours de F.Hollande

J’ajoute quelques remarques plus personnelles sur ce que j’ai pensé de ces 2 interventions :

D’abord sur la forme :

Je trouve que François Bayrou est plus à l’aise dans son discours. François Hollande, au début, lisait plus qu’il n’habitait son discours. Par ailleurs, j’ai regretté que dans un discours d’une heure, François Hollande ne parle qu’une demi-heure du sujet annoncé : l’éducation. Le reste était, selon moi, hors sujet. J’étais venu pour entendre des idées, pas des attaques… François Bayrou, de son côté, a consacré près de 5h au sujet, dont 1h pour son discours.

Puis sur le fond :

J’ai trouvé que les idées de François Bayrou, si elles sont bonnes, ne sont cependant pas très innovantes. C’est sans doute son choix, car il souhaite proposer des évolutions, et non des « réformes à perpétuité qui déstabilisent l’institution ». Je préférerais, cependant, une réforme en profondeur, une « refondation », qui permette, si elle est bien faite, d’éviter des nouvelles réformes tous les 5 ans.

Les propositions de François Hollande, que je trouve très proches de celles de François Bayrou, me semblent un peu plus déstabilisantes, mais c’est justement le changement, le mouvement vers l’avenir, que j’aime. J’apprécie son idée d’école supérieure de l’enseignement. Je suis surpris de ne rien trouver sur les élèves en difficulté, alors que la proposition de François Bayrou sur le sujet me parle beaucoup !

Pour conclure, je devais choisir un programme pour l’éducation nationale, je préférerais sans doute celui de François Hollande. Mais en avril, il s’agira d’une question beaucoup plus large ! Il s’agit de choisir quelqu’un qui aura une responsabilité de TOUTE la France, pas seulement l’éducation. Et là, j’ai plus de craintes en voyant François Hollande. Il souhaite donner des moyens très importants à l’éducation, en recrutant 60000 personnes, en investissant lourdement pour l’école,  mais il le dit lui même : « Nous n’avons pas les moyens budgétaires que notre politique pourrait, éventuellement, espérer. » Pour financer son programme, il table sur des prévisions de croissance auxquelles personne ne croit. Même des socialistes le disent ! (voir sur Rue89)
Où ment-il ? Est-ce qu’il va renoncer au retour à l’équilibre, ou à ses propositions ?

Peut-on se permettre de prendre un tel risque ? Non. Je ne voterai pas pour des belles idées qui ne seront pas réalisables.
Je choisirai le programme plus réaliste de François Bayrou.

Références : Discours de clôture du forum « Il n’est de richesse que d’hommes. Instruire, former, éduquer », par François Bayrou, le 4 février 2012
Discours de François Hollande sur l’Ecole et la Nation à Saint Jean de la Ruelle, le 9 février 2012


vendredi 3 février 2012

Gauche ou droite ?

Je vous invite à lire l’édito du journal Ouest-France d’aujourd’hui.

Il revient sur les annonces économiques de François Bayrou, et les compare avec les idées de gauche et de droite.

Je retiens que le programme est calculé sur les projections de croissance pessimistes – mais sans doute plus réalistes – des organismes internationaux, 1 point au-dessous des prévisions plus idéalistes de ses concurrents… Si en définitive, la croissance est meilleure, la marge de manœuvre pour l’état en sera plus grande.

J’y retiens des mesures « de gauche » et des mesures « de droite », qui confirment sa position centrale, équilibrée.

Enfin, je retiens aussi l’interrogation finale de M.Urvoy, l’éditorialiste, qui s’inquiète que ce bon projet ne pourrait pas être mis en œuvre sans alliance. J’aimerais le rassurer (mais je doute qu’il me lise) : d’après moi, si François Bayrou est élu, nombreux sont ceux, à droite comme à gauche, qui pensent que son programme est bon, et seront prêt à travailler avec lui. On le voit bien aujourd’hui avec tous les soutiens qui, sentant le navire couler, lui arrivent par la droite… On le verra aussi à gauche, mais il faudra attendre un peu plus. Vous verrez : dès que les Français diront « c’est François Bayrou le plus crédible pour gouverner la France », des hommes (ou femmes) politiques de gauche le diront aussi.

C’est par ici : Bayrou fait le pari de la vérité

 

 

lundi 20 juin 2011

Bayrou, internet et les logiciels libres

Filed under: Hors,Internet,Mouvement Démocrate — mazzhe @ 18\0641

Je vous l’avais promis, vous les attendiez, voici donc mes deuxièmes remarques concernant l‘intervention de François Bayrou sur la chaîne parlementaire. Si vous avez regardé cette émission, vous avez bien compris, je pense, ce dont j’allais vous parler…

Et oui, Bayrou et l’informatique, c’est toute une histoire… Ou plutôt un conte de fées. Le voici conté par un chroniqueur de l’émission :

François Bayrou est un homme politique classique en apparence, mais très en avance sur son temps et assez exemplaire sur tout ce qui touche au web.

Au pays du papier, lui travaille depuis 20 ans sur ordinateur et il comprend internet, mais ça c’est anecdotique.
Ce qui est plus fondamental, c’est que tous les sites du Mouvement Démocrate sont conçus en logiciels libres (qu’il a défendu en 2006 lors du débat où il a voté avec la gauche contre le gouvernement (loi DADVSI)).
Il s’est illustré dernièrement par le vote du projet de loi sur la neutralité du net
et puis il a créé en 2009 lesdemocrates.fr : le premier média social politique français (où il y avait un webzine, un média social et puis de l’hébergement pour les blogs). C’est intéressant parce que tous les partis politiques ont suivi après. (PS : lacoopol – UMP : les créateurs du possible) et puis il vient de faire la première twinterview d’un politique français.

Puis, par la suite, c’est François Bayrou lui même qui parle d’internet, et de Wikipedia :

La plupart des responsables politiques, en privé, quand ils parlent d’internet, y voient un danger.
[…]
Wikipédia est pour moi la plus extraordinaire et la plus généreuse des réalisations humaines qui est été faite depuis des siècles. C’est gratuit, ce sont des gens qui sont venus apporter ce qu’ils savaient, leur expérience, leur connaissance, leur science à une œuvre non-marchande. C’est ouvert à des milliards d’individus sur la planète et destiné à être en perpétuelle amélioration. Je trouve que ce genre de chose mérite un monument.

Et oui… Que dire de plus ?

mardi 14 juin 2011

Donnons-nous la Paix.

Filed under: Actualité,Hors,Mouvement Démocrate — mazzhe @ 22\1015
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Depuis 2007, je trouve le climat social français tendu. La gestion du pays se fait par annonces et coup d’éclats, sans concertation avec les personnes concernées. Pire, elle provoque souvent de l’incompréhension et des rancœurs entre les citoyens.

Je me sens régulièrement agacé, énervé, voire furieux en entendant les informations. Je suis fatigué. J’attends avec impatience un changement en 2012.

Dans cette optique, je regardais dernièrement l’émission « face aux idées » sur la chaîne parlementaire où François Bayrou était invité.

Ce qui m’a le plus marqué, ce ne sont pas ses idées, c’est sa volonté d’apaisement de la société. Il n’insulte pas, ne critique pas ses opposants, même s’il critique leurs idées (ce qui est différent). « Ne pas considérer ceux qui sont différents de vous comme des ennemis, c’est ma ligne de conduite à moi. »
Il prône le dialogue, l’échange, le calme. « Le pouvoir a décidé que l’on allait imposer une prime dans les entreprises […] il aurait fallu réunir les organisations syndicales, patronales et salariales et leur demander si on pouvait améliorer la loi sur l’intéressement. […] La politique et l’État sont faits pour que chacun joue son rôle et pas pour que l’État joue tous les rôles en même temps. »
Après avoir regardé cette émission, je me suis senti reposé, rassuré. C’était agréable. Bien sûr, il a, comme tous les hommes politiques, des défauts. Je ne suis pas non plus toujours d’accord avec ses idées. Mais franchement, un responsable qui apaise plutôt que de mettre sous pression, ça changerait la vie !

Allez, en conclusion, je vous laisse sa phrase de fin, toujours dans la même lignée :
Il y a une valeur qu’on devrait défendre dans la société, c’est ne pas avoir peur de l’autre, de celui qui est différent de vous. L’autre c’est ce qui nous permet d’exister.

 

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Vous pouvez retrouver l’intégralité de l’émission ici, ou sa retranscription (partielle) sur le site du MoDem ici. Je vous invite à regarder plutôt la vidéo, car la retranscription a tendance à trop simplifier les propos tenus. (Si l’émission n’est plus en ligne, demandez-la moi !)

Si vous me connaissez bien et que vous regardez l’émission, vous serez peut-être surpris que je n’ai pas relevé d’autres passages… Rassurez-vous, je les ai bien notés ! Il feront simplement l’objet du prochain article…

mercredi 3 juin 2009

L’Europe et les identités régionales

j-4 (encore) : 5ème épisode

Le breton est-il ma langue maternelle ?
Non. Je suis né à Tours où on ne l’parle pas.
Suis-je même breton ? Vraiment, je le crois.
Mais de pure race ? Qu’en sais-je et qu’importe ?
Séparatiste ? Régionaliste ? Autonomiste ?
Oui et non. Différent.
Mais alors vous ne comprenez plus…
Qu’appelons-nous être breton,
Et d’abord, pourquoi l’être ?

Français d’état civil, je suis nommé français,
j’assume à chaque instant ma situation de français.
Mon appartenance à la Bretagne n’est en revanche
qu’une qualité facultative,
que je puis parfaitement renier ou méconnaître.
Je l’ai d’ailleurs fait, j’ai longtemps ignoré qu’j’étais breton.

Français, sans problème,
il me faut donc vivre la Bretagne en surplus,
ou pour mieux dire, en conscience.
Si je perds cette conscience,
la Bretagne cesse d’être en moi.
Si tous les Bretons la perdent,
elle cesse absolument d’être.

La Bretagne n’a pas de papiers.
Elle n’existe que si, à chaque génération,
des hommes se reconnaissent Bretons.
A cette heure, des enfants naissent en Bretagne.
Seront-ils Bretons ?
Nul ne le sait.

A chacun,
l’âge venu,
la découverte, ou l’ignorance…

Non, ce n’est pas de moi. Mais je l’ai adapté à ma situation : j’ai changé 1 mot, que les connaisseurs auront repéré. Vous trouverez facilement ce texte sur le net, mais ce n’est pas là que je l’ai copié. Je le connais par cœur depuis que je suis devenu Breton.

A Orléans, l’identité régionale n’est pas aussi marquée qu’en Bretagne, en Catalogne ou aux Pays Basques. Le débat sur l’identité régionale peut sembler lointain.. Mais pour les Corses, ou aussi les Martiniquais, les Réunionnais, leur place dans l’Europe peut les inquiéter. Comment peut-on rester corse ou basque au sein de l’Europe ? Comment garder, cultiver et promouvoir une langue régionnale et une culture ? Est-ce que les différents candidats aux Européennes évoquent ce sujet ?

Le programme UMP, dans son point 18, évoque l’Outre-mer :

Nos régions ultra-périphériques et notamment nos départements et territoires d’Outre-mer sont les points d’appui et de rayonnement de l’Europe sur les 5 continents, mais détiennent par ailleurs, par leur biodiversité terrestre et marine, les moteurs de la croissance durable. Nous proposons d’agir pour qu’ils deviennent un exemple et une réussite pour l’Europe dans le respect de leur identité.

Ils souhaitent respecter leur identité de façon exemplaire. Mais rien n’est dit concernant les autres régions… (à moins qu’ils ne considèrent la Bretagne, la Corse et l’Alsace comme des régions « ultra-périphériques » ?)

Pour Europe Ecologie :

La politique culturelle de l’Union Européenne doit s’enrichir de tous les apports de la diversité européenne, notamment en favorisant […] la protection de l’héritage culturel européen, l’encouragement au multilinguisme et à l’espéranto, la protection des langues régionales. La diversité culturelle est une richesse de l’humanité et doit être préservée.

[…] Nous proposons que la charte européenne des langues régionales ou minoritaires soit traduite dans le droit européen et que les engagements qui y sont contenus soient applicables à l’ensemble des États de l’Union.

Pour info, la charte européenne des langues régionales a été signée, mais pas ratifiée par la France, donc celle-ci n’est contrainte à rien. La traduire en droit serait sans doute une solution pour contraindre les Etats, dont la France, à l’appliquer.

Pour le PS :

Nous soutenons la reconnaissance et la promotion de la diversité culturelle et linguistique de l’Europe, qui est une de ses plus grandes richesses et un aspect fondamental de son identité.

Je pense que s’ils ne disent rien de plus, si ils n’évoquent pas explicitement les langues régionales, c’est parce qu’une partie d’entre eux défent l’idée d’une seule langue en France pour maintenir une égalité, une unité entre les français. Ils n’évoquent donc pas la charte et restent un peu dans le flou, pour faire un consensus pas trop contraignant.

Pour le MoDem :

Pour une Europe protectrice des identités :
La construction européenne n’a jamais eu pour objet de faire disparaître les Etats-nations ni les cultures régionales. Au contraire, l’Europe reconnaît le pluralisme des identités et des cultures, à travers par exemple la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Cette diversité incroyable de notre continent est une richesse à entretenir.

Nous proposons de :
– Garantir les cultures, les modes de vie et les identités en Europe.

Le MoDem, comme le PS, rappelle l’importance de la diversité dans la culture européenne, mais va jusqu’aux langues régionales en évoquant la charte européenne des langues régionales ou minoritaires pour entretenir la diversité des cultures.

Bref,
« Enrichissons-nous de nos différences » disait Paul Valery. Pour qui n’a pas peur de l’autre, de la différence, la diversité est une chance. Il faut l’entretenir. Encore un fois, l’UMP fait bande à part dans mon analyse. Le PS soutient et promeut cette diversité, le MoDem va un peu plus loin, et Europe Ecologie est toujours plus ambitieuse, moins réservée…

PS : Pour ceux qui voudraient la référence du texte d’introduction, c’est par ici

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Rappel :
Les références des textes que j’utilise sont indiquées dans mon introduction : ma campagne à moi…
Si vous avez un autre texte, ou une autre lecture, une autre façon de voir les choses, vous pouvez l’exprimer dans les commentaires.

L’Europe et la paix, l’Europe et l’international

j-4 : 4ème épisode

On continue… Ou plutôt, on revient en arrière. La première raison d’être de l’Europe, lorsque l’idée a germé après la deuxième guerre mondiale, c’est la paix. Pouvoir vivre ensemble, en paix.
Comment cette idée de « vivre ensemble, vivre en paix », et les relations avec les pays extérieurs à l’Europe sont-elles abordées par les différents partis ?

Alors, commençons par le PS… Leur sixième et dernier groupe de propositions s’intitule « Faire de l’Europe un partenaire fort pour la paix, la sécurité et le développement« . Il y est dit :

L’UE doit être à l’avant-garde de l’action pour la paix […]
Nous pensons que l’Europe doit exprimer une parole commune plus forte dans le monde […]
Nous devons augmenter notre influence et notre poids en unifiant nos positions et en parlant chaque fois que possible d’une seule voix. Le renforcement du rôle du Haut Représentant de l’Union pour la politique extérieure et de sécurité commune y contribuera de façon importante. […]
Les institutions mondiales actuelles, de leur côté, se sont révélées peu adaptées aux nouveaux défis globaux. L’Europe doit donc engager avec force, en partenariat avec la nouvelle Administration démocrate des Etats-Unis, le débat sur une gouvernance mondiale réformée, dans le sens du multilatéralisme et d’une coopération renforcée.

Sur la question de l’armement, le PS propose d' »intensifier les efforts en faveur du désarmement international » car ils veulent « un monde sans armes nucléaires« .

Puis le MoDem : Ils sont bien sur la même longueur d’onde en ce qui concerne la paix et la parole commune, mais le programme reste très discret sur ce point.

La construction de l’Europe est l’entreprise historique la plus pacifique et la plus novatrice de tous les temps.

Nous proposons que l’Union européenne s’oblige à agir de concert chaque fois que se présente une crise universelle.

Ils évoquent les relations internationales sur le plan de la solidarité internationale

Nous proposons de :
Mettre fin aux politiques de libéralisation des marchés agricoles qui ont ruiné les agricultures locales des pays pauvres.
Poursuivre l’engagement de l’Union en faveur de l’aide publique au développement.

c’est à peu près tout ce que j’ai trouvé.

A l’UMP, on trouve plus de choses, et on en apprend long sur leur façon de regarder le monde… Ca commence pourtant bien :

L’Europe des Pères fondateurs, celle de Jean Monnet et Robert Schuman, de Charles de Gaulle et Konrad Adenauer, s’est façonnée autour de valeurs de paix, de grands objectifs et de projets communs.

C’est l’esprit de cette Europe, audacieuse, qu’il nous faut retrouver.

Mais rapidement, on lit :

Être ensemble pour être respectés, pour se protéger
Notre force face à toutes ces menaces, c’est l’Union des Européens.

Pouvons-nous laisser les Etats-Unis seuls bâtir une économie plus durable et plus morale ?
Pouvons-nous laisser la Chine, la Russie ou l’Inde assurer la stabilité du monde ?
Pouvons-nous compter seulement sur nos Etats ? Seuls, le Royaume-Uni, l’Allemagne ou la France ne peuvent pas être entendus dans le concert des grandes puissances.
Pour relever ces défis nous avons besoin de l’Europe.

L’Europe ne doit pas être un problème.
L’Europe doit être une solution.

Renforcer nos frontières, préalable nécessaire à la lutte contre les différentes formes de crime organisé.

Faire preuve de fermeté sur l’immigration et l’asile

Ces gens ont peur. Ils cherchent à se protéger, et pour cela, ils veulent nous faire peur. Ils établissent des rapports qui sont des rapports de force, de peur, au lieu de penser « coopération », aide. Ils disent des choses qui peuvent être vraies, mais leur façon de les dire montre leur façon d’envisager le monde dans lequel nous vivons. Je ne vois pas le monde de la même façon.

Nous devons afficher un même visage et parler d’une seule voix forte pour être entendus et respectés face aux autres grandes puissances.

Comme soutien à notre action diplomatique, nous devons développer nos capacités de mobilisation civiles et militaires pour faire face aux crises et assurer la paix et la stabilité.
Mutualiser une partie de nos forces militaires de manière « autonome et complémentaire » de l’OTAN pour développer des capacités d’intervention et de renseignement à la hauteur des nouvelles formes de vulnérabilité […]
Renforcer nos capacités industrielles militaires, pour rendre notre armement plus moderne […]
Se doter de capacités pour lancer rapidement des opérations là où nos intérêts sont menacés […]

Si ils souhaitent, comme le PS, « parler d’une seule voix », leur vision de la paix est beaucoup plus « militaire ». Beaucoup trop ! (je n’ai pas tout mis) Je ne crois pas que la dissuasion soit toujours une méthode de prévention efficace.

Changeons de cap, et regardons du côté d’Europe Ecologie
Le neuvième et dernier pilier de leur programme « Contre l’apartheid planétaire, une Europe solidaire » développe leur idée de la solidarité internationale.

L’Europe est un espace et une force de paix depuis 64 ans. C’est un acquis formidable. […] l’Europe doit maintenant redonner du sens à son action dans le monde. Il est impossible d’assurer la paix dans le monde si la majorité de l’humanité continue à souffrir de la misère, de la faim et de la destruction des écosystèmes.

Ils proposent la création d’une politique étrangère et de sécurité commune « qui ne passe en aucun cas par l’adhésion à une OTAN dépassée« , et se positionnent très clairement sur le chemin de la démilitarisation :

Nous demandons le démantèlement des bases antimissiles des États-Unis sur le territoire de l’Union européenne et la fermeture des bases du système d’espionnage électronique Échelon.

L’Union européenne doit devenir une zone dénucléarisée […]. Elle doit se construire comme une puissance de paix prônant la prévention et la résolution négociée des conflits, à commencer par le Proche et Moyen-Orient. […]

Bref,
Je suis tous les jours un peu plus interloqué face à l’UMP. Je n’arrive pas à accepter leur logique de pensée. En revanche, je suis une nouvelle fois surpris par l’ambition du programme « Europe Ecologie ». Il me plait bien. Mais il est sans doute, comme moi-même, un peu utopiste et pas assez réaliste… Le programme du PS est plus modéré, réaliste. Je regrette de ne pas avoir trouvé plus d’éléments dans le programme du MoDem.

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Rappel :
Les références des textes que j’utilise sont indiquées dans mon introduction : ma campagne à moi…
Si vous avez un autre texte, ou une autre lecture, une autre façon de voir les choses, vous pouvez l’exprimer dans les commentaires.

mardi 2 juin 2009

L’Europe, l’éducation et la recherche

j-5 : 3ème épisode

L’Europe a déjà un rôle important pour la recherche. Sa place est peut-être un moins grande dans le domaine de l’éducation, mais c’est un sujet qui me tient à cœur. Voyons ce que les différents partis en disent…

Commençons par l’UMP : leur 28ème point sur 30 s’intitule « Harmoniser les cursus universitaires et délivrer des diplômes européens« . Ils proposent de continuer sur la lancée de ce qui existe déjà : création de diplômes conjoints entre universités européennes, généraliser la mobilité (Erasmus), harmoniser les diplômes, et enfin développer le trilinguisme dans tous les pays.

Rien à redire. Tout est intéressant.
Tiens, un point nouveau : « Editer un manuel d’histoire européen pour permettre aux jeunes générations de mieux s’approprier ce bagage collectif. » Et donc, tous les élèves de l’Europe devront utiliser le même manuel ? Tous les profs devront faire cours de la même façon ? Non, ce n’est pas un « manuel » qu’il faut faire… C’est un programme commun. Les professeurs sauront bien proposer ce « socle commun » à leur façon, et ça passera mieux…

En ce qui concerne la recherche, leur point 19 « Innover ensemble » met l’accent sur la mise en commun des recherches, entre autre pour pouvoir rivaliser avec les Etats-Unis.
Ils proposent aussi de « définir des critères obligatoires pour les dépenses publiques et privées en matière d’innovation et de recherche »

Le PS, de son côté, parle de l’éducation dans le « Pacte Européen pour le développement de l’emploi » qu’il propose :

Les ressources du Fonds social européen doivent être mobilisées pour le retour des travailleurs à l’emploi et pour le renforcement des qualifications. Dans une économie ouverte comme l’Europe, l’investissement dans l’éducation est fondamental pour la croissance et la création d’emplois plus qualifiés et mieux rémunérés. […]. Nous aurons aussi à ouvrir largement et équitablement la formation tout au long de la vie, avec une priorité à la formation de la ‘deuxième chance’ pour ceux et celles qui n’ont pas pu achever une scolarité complète. Ce soutien peut être apporté par des politiques européennes, nationales et régionales. En partant du succès du programme ERASMUS nous proposons d’augmenter dans le budget européen les crédits destinés aux échanges des Européens, pour élargir cette mobilité […] pour offrir au plus grand nombre la possibilité d’étudier à l’étranger. La mobilité doit être la règle, non l’exception : tout jeune Européen doit y avoir accès.

Nous entendons négocier […] des objectifs et des normes pour les politiques nationales de solidarité, de santé et d’éducation afin de lutter contre la pauvreté et les inégalités […]

C’est tout aussi intéressant. Comme l’UMP, le PS souhaite aller plus loin dans le programme Erasmus.
J’apprécie tout particulièrement l’idée de la formation de la deuxième chance.  (Le MoDem d’Orléans en avait parlé lors des municipales, et l’ouverture d’une « E2C » faisait partie du programme de Serge Grouard (p18). Où en est-on aujourd’hui ?)
Concernant la recherche, le PS nous dit :

7. Il est essentiel d’augmenter fortement les investissements de recherche-développement et l’innovation pour une croissance écologique et innovante et donc pour notre prospérité à long terme.
Les Etats-Unis dépensent aujourd’hui 50% de plus que le total des Européens dans ces domaines. L’Europe doit rattraper l’écart et devenir le premier investisseur dans la préparation de l’avenir.

Je ne peux qu’approuver pleinement. (Mais il faudra qu’on reparle de financement un de ces jours…)

Le MoDem, à propos d’éducation et de recherche s’engage :

8 – Le savoir et la connaissance priorités de l’Europe.
Une société avancée, à haut niveau de protection sociale, ne peut se défendre dans la mondialisation que par un haut niveau de connaissance, de maîtrise des sciences et des technologies nouvelles.
Nous proposons un doublement progressif du budget européen pour la recherche et, en liaison avec les États membres de l’Union, une aide pratique au dépôt de brevets.

Nous proposons de :
Financer l’éducation, la santé et la formation tout au long de la vie des citoyens européens car ces biens supérieurs ne peuvent dépendre exclusivement de la loi du marché.
– Assurer l’apprentissage de deux langues vivantes européennes et de l’histoire de l’Europe dans les programmes scolaires.
Développer les échanges pour les étudiants et pour les apprentis en fondant un nouveau programme Erasmus accessible à tous et soutenu par un système de bourses plus étendu.
Mener une véritable politique de recherche européenne en doublant le budget européen de la recherche et en instaurant une aide pratique au dépôt des brevets.

Tiens, ici encore, on parle d’élargir Erasmus, de favoriser l’apprentissage des langues, et de formation « post-école »… (Puisque j’ai évoqué les finances, vous pouvez jeter un coup d’œil à l’engagement 9, ils en parlent)

Enfin, Europe-Ecologie :

un investissement massif dans l’éducation et la recherche. Nous voulons un plan de lutte contre l’illettrisme, un statut social européen de l’étudiant, et le doublement et la réorientation des moyens de la recherche vers la reconversion écologique et sociale.

C’est un peu moins précis là, mais il y a des détails dans leur programme de 68 pages. Tiens, on ne parle pas d’Erasmus ? Ah, si : « Les dispositifs de type ERASMUS doivent donc être renforcés et étendus avec comme objectif que chaque personne en formation ait au moins une opportunité de partir. » C’est bon, il y a tout.

Bref :

Tout le monde est d’accord. L’éducation et la recherche, c’est important. Il faut aller plus loin dans ce domaine, ensemble. (et il faut encourager, renforcer, étendre Erasmus !)
L’avantage de ce sujet là, c’est qu’il n’est pas très polémique. Les eurodéputés qui seront élus arriveront donc à trouver des accord et faire avancer les choses. Chouette !
« Yapluka » attendre…

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Rappel :
Les références des textes que j’utilise sont indiquées dans mon introduction : ma campagne à moi…
Si vous avez un autre texte, ou une autre lecture, une autre façon de voir les choses, vous pouvez l’exprimer dans les commentaires.

lundi 1 juin 2009

L’Europe, l’écologie, le développement durable

J-6 :   2ème épisode…

Quels sont les enjeux majeurs de notre société actuellement ? Pour moi, l’avenir de la terre, de l’humanité, et de l’humanité sur terre sont essentiels. Comment ces problèmes d’écologie et de développement durable sont-ils mis en avant dans les différents programmes ?

Pour Europe Ecologie, on ne sera pas surpris, ce point est très largement développé et mis en avant. Dès l’introduction de leur programme, ils annoncent la couleur : Ils proposent de changer de modèle de développement, de changer de civilisation, de changer d’ère. (Ouf, on s’arrête là. C’est déjà pas mal : un modèle de développement dure de quelques dizaines à quelques centaines d’années. Une civilisation de quelques centaines à quelques milliers d’années, une ère gènéralement plusieurs millions d’années. Notons au passage que l’ère actuelle, l’Anthropocène a débuté vers 1800, lorsque l’action de l’espèce humaine est devenu une force géophysique agissant sur la planète)

Donc, revenons à nos moutons. Le très ambitieux programme d’Europe Ecologie propose de « fixer la
logique d’un nouveau projet
 » en  s’attaquant « à la double racine des crises financières, économiques et écologiques : la dictature du court terme et l’exploitation effrénée des êtres humains et de la nature. »

[…] (l’Europe transformée) reposera sur la protection sociale, la précaution écologique, la prévention des risques, la décroissance de l’empreinte écologique et des flux de matière et d’énergie

Ce thème se retrouve filé dans 6 des 9 piliers de leur programme.
Ils proposent :

  • une communauté européenne des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique dotée d’objectifs et de moyens ambitieux pour engager la révolution énergétique.
  • une Politique agricole commune écologique des produits locaux, saisonniers, de qualité et accessibles pour lutter contre la malbouffe, une Union européenne sans OGM, 30% de bio et 100% d’agriculture durable
  • Un Pacte de Coopération Ecologique et Solidaire européen pour remplacer le Pacte de stabilité et de croissance du traité de Maastricht.
  • etc.

Pour l’UMP :

Nous voulons une Europe verte.
Instauration d’une TVA à 5,5% sur les véhicules propres.

C’est tout ? Ha non, c’est un peu court, jeune homme… On pouvait dire, Oh ! Dieu ! Bien des choses en somme… Mais c’est le seul point écologique qu’ils ont noté dans leur tract, en dernière position. Je trouve ça un peu maigrichon. Heureusement, si on travaille plus en fouillant encore, on gagne plus :

Tous les experts sont unanimes : si nous n’agissons pas immédiatement, les scénarios même les plus optimistes prévoient un réchauffement irréversible de la Terre. […]. Le changement de comportement n’est plus une question de calendrier ou de diplomatie, c’est tout de suite !

La réduction des gaz à effet de serre, la conversion à des énergies propres, non-carbonées et la préparation de l’« après-pétrole », voilà l’urgence pour tous.

point 17/30 de leurs propositions : Notre objectif est clair : devenir l’économie la plus sobre en carbone et en énergie au monde ; Proposer un « Stockholm de l’environnement » ( sur le modèle du Grenelle en France) ; Définir les secteurs stratégiques où l’Europe devra concentrer ses investissements et qui bâtiront cette « éco-croissance » comme l’éducation, la santé, l’énergie, l’eau, la forêt et le bois, les transports, les déchets, le bâtiment, le développement durable, l‘alimentation et les services à la personne.

Point 22/30 : Développer les initiatives durables comme les énergies renouvelables marines, le ferroutage et le transport maritime et fluvial […] ; Associer nos partenaires à la lutte contre le changement climatique […]

Si on s’en tient aux mots, leur engagement semble fort. Cependant si ont lit leur programme « en négatif », on voit qu’il faut attendre le 17ème point pour entendre parler d’écologie, et qu’il n’y a que 2 points sur 30 qui en parlent. Par ailleurs, un « Stockholm de l’environnement » sur le modèle du Grenelle d’ici bas… Quand on voit le succès de l’opération, cela n’a rien de très enthousiasmant de le proposer à une plus grande échelle !
Pour faire bref : ce n’est pas leur priorité. Dommage, c’est une des miennes…

Le Parti Socialiste : La lutte contre le réchauffement climatique arrive en troisième position, après l’économie et l’Europe sociale.

L’Union européenne doit prendre la tête des négociations internationales afin d’aboutir […] à un objectif mondial de réduction, de 30% à l’horizon 2020, des émissions de gaz à effet de serre

Nous proposons d’augmenter le soutien de l’Europe aux pays en développement pour qu’ils puissent lutter contre le changement climatique

[…]définir un projet global et à long terme pour les politiques énergétiques et pour le développement durable de la planète

(et encore quelques propositions à propos de l’énergie)

Pour le Mouvement Démocrate : La vision écologique à long terme est leur 3ème engagement, après l’Europe de la paix et le projet de société humaniste.

Notre patrimoine écologique, les sols, l’eau, le climat, les espèces vivantes, les paysages, les modes de vie, les savoir-faire, n’appartiennent pas seulement à notre génération, mais aux générations à venir.
Nous proposons que tous les choix politiques européens prennent en compte cette solidarité entre générations. C’est l’intégration du « soutenable » ou du « durable » dans les décisions européennes.

Puis comme le PS, un vision solidaire avec une aide aux pays en voie de développement :

(en matière d’environnement…) Nous demandons l’équité : pour les pays développés, les produits qui entrent en Europe doivent être soumis aux mêmes règles que ceux que nous fabriquons. Pour les pays les plus pauvres, nous devons les aider à appliquer progressivement ces mêmes règles.

Enfin, « pour une Europe à l’avant garde du Développement Durable » :

Nous proposons de :
Repenser nos modes de transports, de production et de logement.
Recourir massivement aux énergies renouvelables
Mener un grand programme de recherche européen pour développer les énergies du futur.
Développer les activités économiques issues du végétal
Orienter les financements des fonds sociaux européens vers la formation aux nouveaux métiers du développement durable.
Imposer une notation sociale et environnementale européenne aux grandes entreprises et renforcer leurs obligations en termes de responsabilité sociale et environnementale.
Instaurer une taxe carbone européenne qui pénalisera les énergies fossiles les plus polluantes.
Taxer les pollueurs pour qu’ils soient incités à modifier leur comportement.
Instaurer un moratoire sur les OGM
[…]

Bref…
Pour ce que je considère comme étant le plus grand enjeu auquel nous devons faire face, la réponse de l’UMP me paraît dérisoire, pour ne pas dire inexistante. La réponse du PS est bonne, réaliste, mais pas suffisament ambitieuse.
J’aime beaucoup les propositions du MoDem. C’est un des points forts de leur programme, et leurs réponses sont variées. Je suis en particulier très favorable à une « taxe carbone », qui permettrait de renforcer les petites économies locales aux détriments des délocalisations, et qui changerait les mentalités en utilisant le nerf de la guerre…
Enfin, j’aime aussi beaucoup la vision d’Europe Ecologie sur ce sujet qui est leur cheval de bataille. Toute leur politique, toutes leurs décisions sont croisées avec une vision écologique, durable. Leur seul défaut serait d’oublier que l’Europe n’est pas seule au monde, et qu’il va falloir composer avec les autres grands pollueurs. (le PS parle de négociations internationales, et l’UMP l’évoque rapidement)

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Rappel :
Les références des textes que j’utilise sont indiquées dans mon introduction : ma campagne à moi…
Si vous avez un autre texte, ou une autre lecture, une autre façon de voir les choses, vous pouvez l’exprimer dans les commentaires.

dimanche 31 mai 2009

L’Europe, c’est d’abord un projet de société, des valeurs humanistes.

Filed under: Hors,Mouvement Démocrate — mazzhe @ 12\1200
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J-7 :
Première constatation : tous les programmes parlent de la crise… Logique, me direz-vous. Oui, mais elle sera, j’espère, limitée dans le temps. Pas l’Europe. Alors j’ai envie de savoir comment les différents partis voient l’Europe. Qu’est-ce que c’est, à quoi ça sert ?

Le Mouvement Démocrate a une réponse claire, et qui me plait :

L’Europe, c’est d’abord un projet de société, des valeurs humanistes.

Ceux qui ont voulu limiter l’union de l’Europe à un marché ont trahi l’idéal européen. L’Europe ne peut pas se résumer à la défense de la concurrence en tous domaines et sur tous sujets. Pour nous, démocrates français et européens, l’exigence sociale, civique et écologique doit passer en premier.

Nous proposons que l’exigence sociale, démocratique et écologique soit reconnue comme le fondement des politiques de l’Union

Pas de réponse aussi claire dans les autres programmes, mais ma lecture me conduit à penser que :

Pour le PS  : L’Europe, c’est une politique commune à plusieurs pays. Ils la souhaient « volontaire, sociale, écologique, démocratique et mieux intégrée » en plaçant « Les citoyens d’abord »
Pour Europe Ecologie : L’Europe c’est un outil pour mettre en œuvre une stratégie de sortie de crise… C’est la seule définition que j’aie trouvée ! Je suppose cependant que c’est un peu plus que ça dans leurs esprits. Il semblerai que l’Europe, ce soit un moyen, un outil pour changer la société, et proposer une civilisation fondée sur la protection sociale, la précaution écologique…
Pour l’UMP : Ce serait un marché, et une organisation permettant de défendre ce marché des risques économiques mondiaux. (J’espère que je me suis trompé, et que pour eux, l’Europe n’est pas seulement économique !)

Bref…
« Un projet de société », « une politique », « un outil », ce n’est pas exactement pareil, mais je pense que globalement, ça tourne autour de la même idée.
Pour moi, l’Europe, c’est un rêve. Un rêve réalisable. Un ensemble de personnes réunies autour de valeurs communes… (Petit rappel : le premier but de l’Europe, ce n’était pas un marché commun, c’était une paix commune) Je me retrouve bien dans la définition du MoDem…
J’espère quand même que je me suis trompé dans ma lecture et que pour l’UMP, l’Europe, c’est un peu plus qu’un marché, qu’il y a un petit quelque chose de moins marchand dans leur idée.

Rappel :
Les références des textes que j’utilise sont indiquées dans mon introduction : ma campagne à moi…
Si vous avez un autre texte, ou une autre lecture, une autre façon de voir les choses, vous pouvez l’exprimer dans les commentaires.

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