Hors et En

mardi 28 mai 2013

Propagande politique auprès des parents d’élèves

Filed under: Actualité,Education,En,Orléans — mazzhe @ 23\1129
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Aujourd’hui, ma fille a rapporté de l’école une lettre de M. le maire d’Orléans, à destination des parents d’élèves du primaire…

Il nous explique pourquoi la réforme des rythmes scolaires ne sera mise en place à Orléans qu’à la rentrée 2014. Les raisons évoquées (temps nécessaire pour l’organisation, la concertation, le coût…) me semblent compréhensibles, défendables. J’ai d’ailleurs publié ici-même une tribune demandant davantage de concertation.

Mais le message de M. Grouard semble être moins celui de l’école que celui de son désaccord avec la politique gouvernementale.

«Au plan national, [la concertation] a été à tout le moins insuffisante, voire inexistante […] l’équipe municipale veut quant à elle prendre le temps du dialogue.»
«Les délais [sont] trop courts pour être prêts à temps, sauf à décider d’autorité et unilatéralement.»
«Les changements […] demandent des moyens […] qui n’ont pas été bien mesurés par la décision ministérielle.»
…Suit une liste de toutes les contraintes de coût, de personnel, de locaux, d’organisation, qu’implique cette réforme, sans aucune nuance.
«Nous pensons aussi aux enseignants, avec les conséquences évidentes sur leur emploi du temps.» (Même sur le papier, on peut entendre les violons.)
«Et puis bien sûr pour vous même, parents, cette réforme n’est pas sans conséquences […] Pour certains, reprendre […] leur enfant […] sera un véritable problème. Pour d’autres vont se poser des difficultés liées aux heures…»
«La réforme [coûtera] entre 1,3 et 2,8 millions d’euros chaque année […], sans compensation de l’État […] C’est une lourde charge […] pour les Orléanais, alors que l’État diminue ses dotations à l’ensemble des collectivités locales…»

Seul point positif dans la lettre : « cette réforme n’aura pas d’impact sur votre organisation à la rentrée prochaine. »

J’ai suivi tout ce dossier des rythmes, j’ai déploré le manque de concertation, je connais les contraintes auxquelles sont confrontées les mairies, je sais que c’est presque impossible de mettre en place la réforme pour 2013… Mais je trouve particulièrement choquant ce courrier de propagande. Ce n’est pas le rôle d’un maire face à ses administrés.

Un courrier équilibré aurait certes évoqué les difficultés, mais avec un ton plus neutre, plus objectif… Il aurait aussi évoqué les aides financières proposées par le gouvernement aux communes qui appliquent la réforme en 2013. Il aurait rappelé que la solidité financière de la ville lui permet de supporter une charge supplémentaire, comme M. Grouard sait le faire en d’autres occasions… Il aurait évoqué des points positifs («Nous avons besoin de temps pour proposer à vos enfants des activités enrichissantes et de qualité, sur les nouveaux créneaux dont nous avons la charge…»). Il aurait enfin déjà évoqué dans quelles conditions la concertation avec les parents aurait lieu («Une première réunion d’information aura lieu fin septembre» ou «nous rencontrerons les représentants des parents d’élèves qui seront élus en octobre»…)

Bref, je dénonce l’utilisation des moyens de la commune pour diffuser l’opinion d’un homme qui semble perdre le sang froid nécessaire à sa fonction.

vendredi 1 février 2013

Rythmes scolaires… sur moi aussi

Filed under: Actualité,Education,perso — mazzhe @ 23\1143

Les rythmes scolaire, c’est pas seulement la durée de la pause méridienne… C’est aussi, par exemple, le rythme annuel.

Par exemple, on sait que la majorité des exclusions dans les établissements secondaires ont lieu au cours du deuxième trimestre. Les élèves sont plus énervés, et les profs moins patients.

Ce cycle là, je le vis de plein fouet.
J’ai beau aimer la pluie (et encore plus la neige), j’ai beau préférer avoir froid plutôt qu’avoir chaud, j’ai beau adorer les feux dans la cheminée et détester les moustiques, chaque année, c’est la même chose : j’en ai marre.
Ce n’est pas de l’hiver dont j’ai marre, non. C’est de tout et de rien… Quand j’écoute les actualités ou que je lis des mini messages sur les réseaux sociaux, j’en ai marre au bout de 2 minutes. Tout m’énerve. Je me mets à voir le côté négatif des choses. Je suis moins patient avec mes enfants… C’est l’effet « dépression hivernale ». Mais ça m’énerve, parce que je n’ai aucune raison de déprimer !!! Si encore c’était l’été, avec une chaleur accablante, mais non, même pas !

 

Revenons donc sur les rythmes scolaires…
J’ai publié il y a quelques jours une tribune de parents inquiets. Globalement, je me sens d’accord avec le texte, mais en désaccord avec ce qu’il cache.
Oui, je suis un peu inquiet de la façon dont la rentrée se prépare (c’est à dire dans la précipitation), je suis déçu des changements proposés, qui me semblent d’une grande timidité, et je trouve que cela manque de concertation et d’explications.
Mais non, je ne suis pas opposé à cette réforme !
Je la trouve un peu précipitée, mais infiniment plus réfléchie que d’autres réformes pas si lointaines.
Je trouve qu’elle manque de concertation, mais il y en a eu infiniment plus que pour d’autres réformes pas si lointaines.
Je trouve qu’elle va enfin dans le bon sens, contrairement à d’autres réformes…

Bref.

Je viens de découvrir que les « parents ensemble » voulaient geler la mise en application de la réforme. Ça, c’était pas dit, dans le texte… J’ai pas signé pour ça. Au contraire, j’ai été choqué que les mairies puissent choisir de reporter l’application de cette réforme. Ça va créer un bazar pas possible dans les inspections pour gérer ça, l’année prochaine… Bonjour. (quand je vous disais qu’il y avait des points qui m’inquiétaient…)
Quand je parcours les blogs des parents signataires, je vois que certains veulent rester sur la semaine de 4 jours. Pas moi ! Surtout pas ! Bon, à choisir, je préférerais garder une vraie pause le mercredi et avoir classe le samedi matin. Hélas, quoi qu’en dise la loi, je sais bien que cela n’arrivera pas.

J’ai signé une lettre qui disait « certains parents sont inquiets ». J’ai beau relire le texte, je suis toujours d’accord avec son contenu, et je félicite une nouvelle fois les rédacteurs qui ont réussi à rassembler les idées communes de parents aux opinions parfois très diverses.

Je doute cependant que ces rédacteurs réussissent à faire des propositions concrètes qui obtiendraient le même assentiment unanime des ces mêmes parents.
Et je ne me sens pas faire partie d’un « collectif », mon acte était ponctuel, sur un texte précis, et j’en ai marre de toutes ces polémiques stériles… (Vous avez vu ? Je m’énerve. C’est l’effet hiver. Je suis fatigué. Il faut que j’arrête là.)

Avant que j’aille dormir, une dernière chose : allez lire le blog de Charivari au sujet de cette réforme. Je suis complètement d’accord avec elle…

Bonne nuit !

mercredi 23 janvier 2013

Parents, pensons la réforme des rythmes scolaires ensemble.

Filed under: Actualité,Education — mazzhe @ 9\0900

Nous sommes parents.

Nous sommes inquiets.

En maternelle et en élémentaire, le passage à la semaine à 4,5 jours doit être mis en œuvre dès la rentrée 2013, soit dans 9 mois. A ce jour, l’information dont nous disposons est parcellaire et contradictoire. Le projet tel qu’envisagé ne nous semble pas à la hauteur des enjeux.

Nous croyons cette réforme nécessaire et en partageons les objectifs, à savoir mieux apprendre et favoriser la réussite scolaire de tous. Depuis 2008, les écoliers français ont le nombre de jours d’école le plus faible des 34 pays de l’OCDE et de fait des journées plus longues et plus chargées que la plupart des autres élèves dans le monde. Cette situation est préjudiciable et doit être revue.

Cependant, le projet de réforme qui nous est présenté ne nous semble pas répondre à ces objectifs. Le choix de l’organisation sera à la discrétion des municipalités. On risque de se retrouver avec des communes où les enfants auront cours le samedi, d’autres le mercredi, d’autres encore auront une pause de midi allongée, d’autres finiront plus tôt et auront une période d’études/garderie plus longue, etc. Les moyens mis en œuvre dépendront essentiellement du budget des communes. Impossible, dans ces conditions, d’imaginer que cette réforme soit facteur d’égalité entre tous les enfants de France, quel que soit leur lieu de résidence et leur établissement scolaire. Il appartiendra aux municipalités de faire un choix et d’en répondre devant les électeurs en 2014.

Nous espérions qu’à l’occasion de la réforme des rythmes scolaires, la place des arts, de la culture, des langues et du sport, etc. serait au cœur des préoccupations. Or, l’opacité des moyens à mettre en œuvre, l’augmentation du nombre d’enfants par animateur dans le temps périscolaire ainsi que la place choisie par les mairies pour ce temps (notamment à l’heure du déjeuner) vont diluer ces espoirs de diversification et de renforcement de ces enseignements.

Nous espérions également que cette réforme porterait sur l’intégralité du rythme scolaire, y compris le découpage entre vacances et classe et notamment la durée des grandes vacances. Force est de constater qu’il n’en est rien.

Nous sommes déçus et inquiets et rejoignons ainsi bien des enseignants. Nous craignons que l’augmentation du temps périscolaire sans réflexion quant à son contenu ni quant aux moyens de mise en œuvre fasse de ce temps un temps de désœuvrement organisé… Cela irait encore une fois à l’encontre de l’objectif de la réforme.

Afin de préserver le symbole de la demi-journée de cours supplémentaire, Il est essentiel de ne pas sacrifier les apprentissages, de ne pas perdre cette opportunité historique d’accroître l’égalité des chances des enfants face aux activités artistiques et sportives en créant du temps de garderie. Cela n’apporterait rien aux enfants, dévaloriserait un peu plus l’école et la fonction des enseignants et remettrait en question l’organisation des familles.

Nous devons à nos enfants une réforme ambitieuse.

Citoyens connectés, blogueurs, parents, nous avons reçu de nombreux retours d’autres parents qui partagent nos inquiétudes et ne se sentent pas représentés.

Nous demandons à être entendus.

Prenons le temps de réformer l’école ensemble.

8alamaison , Agathe VANDAMEAimé Blumentern, Allo Maman Dodo , Annabelle , Audrey, Madame Koala , Aymeric Marlange , Béalapoizon , Bettina Brouard , Buhot Stéphanie , Carole Nipette , Caroline , Ces Doux momentsChiawaze , Ciloubidouille , Claire Hoenen , Colombe , Cranemou , Cynthia , David Beck , Delphine Gagnon , Doudette , Estelle Peralta , Expressions d’enfants , FashionMama , Florence , FlorenceMKoenig , Gaëlle Picut , Gauthier Vranken , Ginie Femmesweetfemme , Harmony Rouanet , Henry le Barde , Isabelle Duvert , Jane Gueneau aka. Libelul , Julesetmoa , Julie B , Julie Dessagne , Julien , Juliette Merris , Karine Un bébé pour mes 30 ans , La Poule Pondeuse ,LN moitoutetrien , Lulu From Montmartre , Lydiane Le Roy , M Delobel , Madame , Madame Parle , Madame Zaza of Mars , Madame Ziadeh , Maman nanou , Mamanwhatelse , Marc Guidoni , Marie-Gwénaëlle Chuit , Marlène Schiappa , Mauvais Père , Mazzhe , Michaëla Avventuriero , Michèle, Maman on bouge , Missblogdel , MissBrownie , Naddie , Nadine A , Nicolas Gilbert @zegilbos , Pourquoisecompliquerlavie , Sabine , Samuel Lamotte d’Incamps , Sandra Elle , Sandrine Donzel , Sophie Reynal , Tetedeblog , Till the Cat , Unperfect mum ,
Voilapapa , Yusaku (Père de 3 enfants)

Retrouvez la liste, ainsi que les liens utiles (pétition, twitter, etc) sur le site parentsensemble.com

jeudi 5 juillet 2012

La page est tournée.

Filed under: Education,perso — mazzhe @ 17\0526

Ca y est, une page est tournée.

Est-ce juste une année scolaire qui s’achève, comme d’autres ? Non. C’est la quille, la libération, la fin d’une épreuve, le début du bonheur…

Depuis plusieurs années, l’Éducation Nationale m’a complètement vidé.
A partir de l’année prochaine, elle va me décharger complètement…

A partir de l’année prochaine, bien que je reste officiellement un employé de l’éducation nationale, je ne serai plus chargé d’enseigner. Je quitte les salles de classes, la craie, le sourire et les cris des élèves, et les conseils d’école. Les évaluations, les inspections, les préparations et les corrections. Les PPRE, l’APER, le B2I, et l’APS…
Finies les longues soirées d’hiver (et d’été) angoissées, passées à préparer des cours, sans avoir le temps de faire quelque chose de qualité. Finis les week-ends de travail pour les enfants des autres, qui m’empêchent de profiter de mes enfants à moi.

Je vais me rendre utile différemment, derrière un ordinateur. De nombreux collègues, écrasés par le mammouth, tentent de faire leur métier dans des conditions satisfaisantes. Ils sont pour cela soutenus par des élus du personnel, et je vais essayer de faciliter la communication entre eux. Ce sera mon travail, la raison pour laquelle je serai déchargé.

Pour moi, il s’agit d’un soulagement. J’ai l’impression de sortir de prison. Je vois le soleil. Je respire l’air de la montagne. Je me sens bien… J’en suis impressionné : j’ai beaucoup aimé mes élèves de cette année. Je pensais que j’aurais un pincement au cœur en les quittant, en tournant la page… Et bien non, rien. Je jouis d’un plaisir sans nuage. Je jubile devant le paysage qui s’offre à moi, sans un regard en arrière. Je me sens bien, je me sens jeune, je me sens libre, je me sens neuf, je me sens en vacances, à la retraite à 35 ans.

Je n’ai plus de travail : je suis employé. Ça change la vie…

Quel bonheur !

PS : Un livre qui pourrait m’intéresser est sorti récemment, mais je n’ai pas le courage de le lire. Il me faudra quelques années, je pense, avant de le pouvoir. Si vous l’avez lu, n’hésitez-pas à m’en faire part, ça m’intéresse !

samedi 11 février 2012

Éducation : comparaison des discours de François Bayrou et François Hollande

Les François parlent aux François :

C’est toi qui portes l’espoir, François, nous comptons sur toi.
– C’est bien de porter un beau prénom comme ça, pour être président !

Mais qui est-ce qui parle ? Bayrou ? Hollande ? Fillon ? Bonneau ? Mitterrand ? Baroin ?
Ici, il s’agissait de l’accueil de François Hollande par François Bonneau, président de la région Centre, le 9 février, pour le discours du candidat à la présidentielle sur l’éducation. J’ai été amusé de voir que ces phrases, qui ont été prononcées comme cela, sans patronyme, pourraient sans doute recueillir les suffrages de beaucoup de François, pardon, de Français.

Comme j’avais assisté au forum « Instruire, former, éduquer » de François Bayrou la semaine dernière, et que François Hollande prononçait son discours sur l’éducation à moins de 5 km de chez moi, je me suis dis que c’était l’occasion de comparer les deux discours.

Pour ma part, je les ai trouvés assez proches, et j’en suis très heureux : cela laisse espérer du mieux dans le système éducatif français pour le prochain quinquennat. Voici donc, mises côte à côte, quelques déclarations des deux François. Vous y verrez des points communs et quelques différences.

Les grandes déclarations :

FB : L’école, c’est la République.
FH : Je suis venu  vous parler de l’Ecole de la République, qui est le fondement de notre pacte démocratique.

L’école est une priorité liée à l’économie :

FB : Nous considérons que les deux verbes produire et instruire, sont intimement liés c’est-à-dire qu’il n’y a pas de « réarmement » productif du pays si, en même temps, il n’y a pas un « réarmement » éducatif. L’un soutient l’autre et l’un et l’autre sont liés comme une condition nécessaire pour la réussite du projet.
FH : J’ai voulu mettre la jeunesse au premier rang de mes engagements parce qu’elle est la condition de notre redressement. La compétitivité, dont on va nous parler beaucoup au cours de cette campagne, ce n’est pas seulement une comparaison entre des coûts […]  la compétitivité c’est la capacité technologique, c’est l’investissement humain, c’est le savoir-faire, c’est le niveau de formation d’une Nation. Notre jeunesse nous fournit les meilleures armes dans la mondialisation.

La reconnaissance et le statut des enseignants :

Ce thème est très présent dans le discours de François Bayrou. Je ne mets ici qu’un extrait, si vous voulez tout lire, vous trouverez le lien vers le discours en bas d’article.

FB : Je suis pour une société qui s’affirme solidaire avec ses enseignants. […]. De sorte qu’il est juste et nécessaire, de rappeler que les enseignants travaillent sauf exception beaucoup plus de 35 heures ! Les chiffres du ministère eux-mêmes le disent.
Orientation 4 : il faut restaurer la confiance de la nation dans ses enseignants. […] Je ne suis pas favorable à ce que l’on remette en cause le décret qui définit le statut des enseignants.
FH : Si nous voulons qu’il y ait des équipes pédagogiques, un nouveau temps de travail, un déroulement de carrière, une pérennité des équipes, une coordination avec les autres institutions… : bien sûr qu’il faut une politique d’éducation avec les moyens nécessaires ! […] Quel avenir a un pays qui maltraite ses professeurs ? Qui se trouve incapable d’en recruter pour assurer les besoins d’instruction et d’éducation ? Mais refuser d’entrer dans la discussion du statut des enseignants, ce n’est pas pour autant considérer que le métier ne doit pas évoluer, que ses missions ne doivent pas être discutées.

François Hollande est moins clair sur ce sujet… Il dit vouloir « un nouveau temps de travail », mais donner de précisions. Que doit-on lire entre les lignes ?

Adapter les moyens humains pour faire baisser l’inégalité des chances :

FB : Orientation 14 : Pour prévenir ces échecs, il faut penser le nombre d’élèves par classe en fonction de la réalité de la classe. À classe difficile, petit nombre d’élèves, à classe équilibrée et de bon niveau, plus grand nombre d’élèves.
FH : L’encadrement scolaire, notamment dans les écoles qui cumulent le plus de difficultés – sociales, familiales, territoriales – aux moments clés de la scolarité, sera là encore renforcé. Et je m’engage sur le principe : plus d’enseignants que de classes. Parce que, parfois, il faut y mettre la présence humaine indispensable si on veut lutter contre l’échec.

Les rythmes scolaires… :

FB : Orientation 18 : les rythmes scolaires doivent être reconstruits. Il n’est pas normal que l’école française soit celle qui concentre le plus d’heures de cours sur le moins de jours de classe. Les horaires des élèves, devoirs compris, ne devraient pas dépasser une charge horaire d’une trentaine d’heures par semaine, ce qui veut dire presque autant que leurs parents. Ceci signifie évidemment un allégement des horaires pour un grand nombre d’élèves. Les heures ainsi gagnées seront utiles aux enseignants pour le travail en commun, et aux établissements pour des programmes au choix qu’ils pourront élaborer.
FH : Les rythmes scolaires seront réformés, en allongeant le temps sur l’année et en diminuant les surcharges journalières, sans diminuer bien sûr le temps passé à l’école.

Les élèves en difficulté, le réseau d’aide :

FB : Orientation 10 : Les principales difficultés des élèves très jeunes sont psychoaffectives. Elles ne sont pas, pour la plupart du temps d’ordre pédagogique ou de l’ordre des capacités. Les repérer tôt par une formation et un réseau adapté, c’est donner une chance de les résoudre soit au sein de l’école soit par l’intervention, plus souvent encore, de pédopsychiatres. [ C’est ] un service à leur rendre et probablement la stratégie la plus efficace contre l’échec scolaire.

Je n’ai trouvé aucune proposition dans le discours de FH sur ce sujet…

Le premier lieu d’éducation :

FB : Orientation 11 : le premier lieu de l’éducation c’est la famille : favoriser la mise en place -je n’ai pas trouvé de meilleur nom- d’écoles de parents associatives pour aider ceux qui ont des difficultés à accompagner leur enfant, me paraît-là une vraie aide, une vraie assistance aussi aux enseignants.
FH : j’ai décidé de faire de l’école maternelle et de l’enseignement primaire une priorité. Parce qu’il faut commencer par le commencement. Il faut investir là où l’arme éducative est la plus efficace.

(Si c’est différent, on notera cependant que ce n’est pas incompatible…)

La pédagogie : (question très importante à mes yeux ! Comme les autres, me direz-vous…)
Je mets en commentaire (pour ne pas alourdir l’article, déjà trop long) le texte de Bayrou concernant son idée de la pédagogie.

FB : Orientation 12 : la question des méthodes pédagogiques doit être tranchée non pas par l’idéologie mais par l’évaluation des résultats.
Et je considère que ce n’est ni au gouvernement ni au président de la République de trancher des méthodes d’apprentissage, c’est à la classe, au résultat effectif, à condition qu’aucune méthode ne se voie exclue pour raison idéologique. Et c’est donc par l’évaluation des résultats que l’on doit trancher de la question des méthodes.
FH : Les pédagogies doivent évoluer. Le travail en équipe doit être encouragé. Le recours aux exercices, à l’implication des élèves, tout autant. Tout ce qui doit être fait, c’est pour permettre l’épanouissement de l’élève.

Selon moi, il y a une phrase de trop chez Bayrou : la question des méthodes ne sera jamais tranchée. Si les évaluations sont bien faites, je pense qu’elles montreront que certaines méthodes marchent bien avec certains élèves, et d’autres méthodes avec d’autres élèves. On ne trouvera pas une méthode universelle, même (et surtout) si on fait de tout, comme le propose Hollande…

La formation des enseignants :

(juste une parenthèse sur le bilan de ce qui a été fait de la formation pendant le quinquennat qui s’achève : lisez ici ce qu’en dit la cour des comptes, c’est accablant !)

FB : La reconstruction d’une année de formation en alternance avec exercice dans la classe et transmission de l’expérience d’autres enseignants est impérative et étroitement liée au contrat de progrès dans l’Éducation nationale. Il s’agit du moyen et du seul moyen de familiariser les enseignants recrutés et débutants avec l’expérience de leurs collègues plus expérimentés et plus assurés. Il s’agit d’armer les jeunes enseignants et de leur faire ainsi gagner des années d’expérience.
FH : Les systèmes éducatifs les plus performants sont ceux qui assurent une formation initiale et continue des professeurs, de grande qualité. […] Donc, je rétablirai la formation initiale et continue des professeurs. Les universités auront la responsabilité de cette formation. Les actuels IUFM se transformeront en Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation. Je souhaite que tous les professeurs, quels que soient leurs niveaux de recrutement, qu’ils se destinent à enseigner en maternelle ou qu’ils se destinent à être à l’université, partagent un moment de formation commun dans ces écoles supérieures. C’est cela, la République ! C’est l’échange entre la théorie et la pratique, la recherche pédagogique, l’expérience et les niveaux de formation. L’année de stages sera donc rétablie.

Si leurs avis sont proches, je reconnais avoir un faible pour l’idée de Hollande d’une école universitaire supérieure du professorat et de l’éducation pour tous les futurs enseignants.

Le collège (unique ?) :

Ici, c’est François Hollande qui donne plus de détails, que vous pourrez retrouver en lisant son discours. Je ne mets que quelques extraits.

FB : Orientation 15 : le collège doit être diversifié. Il est normal et juste que la nation veuille garantir un bagage à tous les enfants, mais ce bagage de connaissances et de méthodes ne peut être apporté dans l’uniformité. Pour un certain nombre d’élèves en situation de rejet de l’école un « collège hors les murs » avec des pédagogies adaptées doit permettre une reconstruction et le retour, s’il le souhaite, à la voie classique.
FH : le collège unique permet aussi la diversité des parcours. Ce n’est pas un système où tous les élèves passent sous la toise. Nous avons besoin d’une structure commune à tous les élèves. […] Mais, en même temps, l’orientation ne peut pas être trop tôt – sinon, nous savons bien qu’elle sera un déterminisme social, une sélection en fonction du milieu où les enfants de pauvres iront toujours dans les mêmes filières. […] je refuse une orientation dès la fin de la cinquième, parce que c’est trier encore au plus tôt et aggraver les inégalités. Ce que je veux, c’est l’inverse : permettre à chacun de construire ses choix positivement, lui donner la possibilité d’acquérir des moyens de sa culture, de sa citoyenneté, de sa liberté, dans un collège qui réunit tous les enfants de la République.

La formation professionnelle :

FB : Orientation 21 : .l’enseignement professionnel doit reposer non pas sur l’élimination mais sur la vocation, par la découverte des métiers, par l’alternance ou l’apprentissage.
FH : [je veux] faire de nos filières professionnelles des vraies filières d’excellence, avec des orientations positives et pas imposées, et des débouchées assurées, et pas subis.

Les nouvelles technologies :

FB : Orientation 30 : réflexion générale sur l’éducation numérique. C’est très important pour l’avenir. Je vous ai dit ce que je pensais d’Internet, de ses chances et de ses risques. Moi qui le pratique quotidiennement comme beaucoup d’entre vous, je pense qu’il y a là un gisement de progrès considérable. En même temps, je veux dire qu’il n’y a pas d’éducation qui soit déshumanisée, il n’y a pas d’éducation qui soit entièrement dématérialisée et que les ressources de ce que l’on appelle le e-learning sont, pour l’avenir, en même temps un immense enrichissement des possibilités de formation et de découverte, et un univers qu’il nous faut apprendre et que les jeunes, les élèves et les étudiants doivent apprendre
Je propose une réflexion générale sur la coopération entre l’enseignement numérique et l’enseignement classique traditionnel dans les classes.
FH : les nouvelles technologies ne peuvent pas rester à la porte de nos écoles, de nos établissements. […] chaque élève de collège, dans mon département, reçoit dès la sixième un ordinateur portable. […] Le problème est que les enseignants n’ont pas été formés à ces nouvelles technologies. Il faudra faire un grand plan de formation pour ces nouvelles technologies, si nous voulons les diffuser.

Le respect, et la sécurité :

FB : Le calme, le respect, l’attention particulière aux élèves, la sécurité des enfants et des parents, l’assurance que les enseignants retrouveront la
sérénité dans leurs cours, cela nous allons le reconstruire et nous allons le reconstruire dans l’école de la République.
Orientation 3 : il faut refaire de l’école un lieu d’où la violence est exclue et où le respect est la règle entre élèves et enseignants, à l’égard des enseignants et dans la cour de récréation.

FH : respect de l’enseignant, respect de l’autorité, respect des lois. Et, là aussi, le respect s’enseigne […] L’autorité, aussi, doit être restaurée. L’autorité fondée sur les qualités morales et intellectuelles reconnues, et sur l’exemplarité de celui qui la détient.

Et, à cet égard, la sécurité doit être assurée, aussi, dans les établissements. […] j’ai proposé d’augmenter la présence des adultes dans les établissements et de permettre un travail en équipe, une stabilité de ces équipes et la création d’un nouveau métier : chargé de la sécurité et de la prévention, dans les établissements qui sont les plus exposés aux violences.

Les exigences ministérielles qui éloignent de la classe :

FB : Orientation 8 : arrêter avec les surcharges administratives, la multiplication des réunions, l’avalanche des livrets de compétences. À l’école comme dans tous les autres secteurs d’activité, la surcharge paperassière étouffe, asphyxie et ne sert à rien.
FH : Il y aura aussi la fin des évaluations permanentes, qui aujourd’hui accablent les professeurs et qui ne produisent que des statistiques. Bien sûr que je suis favorable à l’évaluation de l’école, mais à une évaluation indépendante et incontestable.

L’histoire en terminale S :

FB : Je suis déterminé à rétablir l’enseignement de l’histoire en terminale scientifique.
FH : Je rétablirai l’enseignement de l’histoire en terminale scientifique.
(Sans commentaire…)

Voilà…

Je n’ai mis ici que les phrases de « profession de foi » ou de projet, qui permettent de mieux connaître le candidat. Je n’ai pas remis les nombreuses phrases qui parlent du bilan du quinquennat, de l’état de l’Éducation Nationale aujourd’hui, des erreurs passées… Les deux François sont d’accord sur ces constatations très négatives (qui constituent d’ailleurs plus du tiers du discours de François Hollande, comme le montre cette image)…Part des constatations négatives ou attaques dans le discours de F.Hollande

J’ajoute quelques remarques plus personnelles sur ce que j’ai pensé de ces 2 interventions :

D’abord sur la forme :

Je trouve que François Bayrou est plus à l’aise dans son discours. François Hollande, au début, lisait plus qu’il n’habitait son discours. Par ailleurs, j’ai regretté que dans un discours d’une heure, François Hollande ne parle qu’une demi-heure du sujet annoncé : l’éducation. Le reste était, selon moi, hors sujet. J’étais venu pour entendre des idées, pas des attaques… François Bayrou, de son côté, a consacré près de 5h au sujet, dont 1h pour son discours.

Puis sur le fond :

J’ai trouvé que les idées de François Bayrou, si elles sont bonnes, ne sont cependant pas très innovantes. C’est sans doute son choix, car il souhaite proposer des évolutions, et non des « réformes à perpétuité qui déstabilisent l’institution ». Je préférerais, cependant, une réforme en profondeur, une « refondation », qui permette, si elle est bien faite, d’éviter des nouvelles réformes tous les 5 ans.

Les propositions de François Hollande, que je trouve très proches de celles de François Bayrou, me semblent un peu plus déstabilisantes, mais c’est justement le changement, le mouvement vers l’avenir, que j’aime. J’apprécie son idée d’école supérieure de l’enseignement. Je suis surpris de ne rien trouver sur les élèves en difficulté, alors que la proposition de François Bayrou sur le sujet me parle beaucoup !

Pour conclure, je devais choisir un programme pour l’éducation nationale, je préférerais sans doute celui de François Hollande. Mais en avril, il s’agira d’une question beaucoup plus large ! Il s’agit de choisir quelqu’un qui aura une responsabilité de TOUTE la France, pas seulement l’éducation. Et là, j’ai plus de craintes en voyant François Hollande. Il souhaite donner des moyens très importants à l’éducation, en recrutant 60000 personnes, en investissant lourdement pour l’école,  mais il le dit lui même : « Nous n’avons pas les moyens budgétaires que notre politique pourrait, éventuellement, espérer. » Pour financer son programme, il table sur des prévisions de croissance auxquelles personne ne croit. Même des socialistes le disent ! (voir sur Rue89)
Où ment-il ? Est-ce qu’il va renoncer au retour à l’équilibre, ou à ses propositions ?

Peut-on se permettre de prendre un tel risque ? Non. Je ne voterai pas pour des belles idées qui ne seront pas réalisables.
Je choisirai le programme plus réaliste de François Bayrou.

Références : Discours de clôture du forum « Il n’est de richesse que d’hommes. Instruire, former, éduquer », par François Bayrou, le 4 février 2012
Discours de François Hollande sur l’Ecole et la Nation à Saint Jean de la Ruelle, le 9 février 2012


mercredi 8 février 2012

Il n’est de richesse que d’hommes

Samedi a eu lieu le deuxième forum thématique de François Bayrou, ayant pour titre « Instruire, éduquer, former – Il n’est de richesse que d’hommes »

Comme le sujet m’intéresse et que les propos de certaines personnalités à ce sujet m’inquiètent, j’avais écrit ici mes états d’âmes, et j’avais envoyé un courriel à François Bayrou et Jacqueline Gourault. Ils m’ont tous les deux répondu personnellement (je les remercie !), et invité à participer à la journée de samedi.

Cette journée s’est révélée très intéressante, et rassurante.
J’ai participé, pour ma part, à la table ronde « Instruire : les chemins de la réussite ». Les intervenants étaient variés. Il y avait des grands noms, comme Dominique Versini, défenseur des droits des enfants, des grands responsables, comme un inspecteur général de l’EN, des ouvriers du quotidien : professeurs, directeurs, des parents d’élèves, des responsables associatifs en lien avec l’école. Certains intervenants venaient d’autres mouvement politiques, comme EELV et la Gauche Moderne.
Les avis exprimés ont été riches, très différents, parfois contradictoires. Pour tenter de synthétiser, on peut dire qu’il y a 3 visions de l’école dans la société, et 2 grands courants pédagogiques au sein des enseignants.

La première vision de l’école, que me vantait ouvertement un de mes correspondants sur Twitter, est celle d’une école à 2 vitesses, pour ne pas mélanger « les enfants d’enseignants ou de fonctionnaires » et ceux de la « plèbe illettrée » (les mots ne sont pas de moi, mais ils m’ont fait comprendre qu’il y a réellement des personnes qui disent cela !). Cela permettrait, selon mon correspondant, d’éviter le nivellement par le bas. C’est une vision que je ne partage pas : enfermer quelqu’un dans une caste méprisable, c’est inhumain.

La deuxième vision de l’école est celle du libre choix. Les établissements sont libres de recruter leurs enseignants, de mettre en place les projets, les pédagogies, les contenus qu’ils souhaitent. Les parents sont libres de choisir l’école pour leurs enfants. Cette vision là, qui met les établissements en concurrence entre eux, favorise le communautarisme, le repli sur soi. Je la pense aussi génératrice de tension sociale, de lutte de bandes entre les élèves de l’école Machin et ceux de l’école Bidule… C’est néanmoins la vision qu’ont un certain nombre de nos concitoyens, dont certains en responsabilité.

Enfin la troisième vision de l’école est celle d’une école, accueillant tout le monde, refusant les discriminations (sociales, racistes, sexuelles, sanitaires, intellectuelles, religieuses, etc.) , et laïque. C’est la vision qui a conduit à l’école actuelle, l’école de la République Française, de la société française dans sa diversité. Si on souhaite garder ce modèle, il faut l’adapter, lui donner un nouveau souffle, pour qu’elle puisse accomplir au mieux sa mission et faire baisser les inégalités.

Dans cette école, quelle que soit la vision que vous souhaitiez, les enseignants peuvent privilégier, pour faire court, deux pédagogies différentes défendues respectivement par les « républicains » et les « pédagogistes ».

Les tenants de la pédagogie républicaine souhaitent centrer l’école sur les apprentissages. Le programme doit être axé principalement sur les matières fondamentales que sont le français et les maths, et c’est le maître qui apporte les connaissances nécessaires aux élèves (au pluriel). L’apprentissage se fait principalement par la mémorisation et l’entraînement. (je simplifie, je caricature, c’est juste pour faire apparaître les grands traits).

Les défenseurs de la pédagogie « pédagogiste » souhaitent centrer l’école sur l’élève (au singulier). Le programme doit être plus ouvert, comme l’est la société actuelle, avec, à côté du français et des maths, l’utilisation des nouvelles technologies, des langues vivantes, davantage de découvertes culturelles… Le maître, spécialiste de la pédagogie, apprend au élèves comment ils peuvent acquérir eux même les connaissances, avec son aide, bien sûr. Il doit différencier, adapter les méthodes en fonctions de capacités de chaque élève. L’apprentissage se fait d’abord par la réflexion et l’application concrète, en lien avec le vécu des élèves et la société.

J’ai été rassuré par cette journée, car la vision qu’a François Bayrou de l’école est la même que moi : celle d’une école qui rassemble, une école républicaine, une école pour tous, une école qui respecte les différences. J’ai aussi été rassuré par le fait qu’en ce qui concerne les méthodes pédagogiques, François Bayrou, en bon centriste, rassembleur, a entendu les interrogations des enseignants, et souhaite y répondre rationnellement. (Je ne suis pas dupe : il sait bien aussi que si il veut rassembler le plus de voix sur son nom, il ne doit pas se mettre à dos la moitié des enseignants… ) Il avoue qu’il a bien une préférence, mais que ce ne sont pas ses convictions qui doivent dicter les choix pédagogiques de la nation, mais les résultats des différentes méthodes. Il souhaite donc évaluer la réussite des méthodes d’apprentissage . Observer les méthodes utilisées par les enseignants dans les classes qui réussissent.
Dans mon courriel, je lui demandais comment il évaluait la réussite d’un enseignant, afin de la distinguer du milieu dans lequel il exerce et des moyens dont il dispose. Il m’a répondu que cela se ferait par la comparaison de l’évolution des élèves sur un an, dans des classes comparables. Il me reste quand même des questions… Cela implique donc une évaluation en début d’année et une à la fin ? Pour toutes les classes, ou pour des échantillon ? Systématiquement, chaque année, ou juste au début, pour une durée d’étude ?

Bref… Je n’ai parlé ici que des méthodes d’enseignement, parce que cela me tenait à cœur, mais les propositions de Bayrou sont beaucoup plus larges que ça. Comme je ne pense pas trouver le temps de vous commenter ses trente orientations, je vous propose de les retrouver ici : instruire, former, éduquer.

Comme bilan de cette journée, je retiendrai une phrase de l’Hérétique, sur twitter :

Si je n’étais pas déjà pour @bayrou je le serais devenu aujourd’hui

mardi 31 janvier 2012

Un journée d’enseignant

Filed under: Education,perso — mazzhe @ 22\1030
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Il est 20h20, j’arrive chez moi.

La journée a été assez difficile. Mes élèves (9 à 11 ans) étaient énervés. Étais-je différent aujourd’hui (Les élèves nous renvoient souvent notre image : si je suis fatigué, ma classe va être énervée. Si je suis dynamique, motivé, ma classe va l’être aussi, si je suis calme, détendu, ma classe va être studieuse… C’est un système de mesure de l’état de santé imperceptible. C’est souvent après avoir remarqué que quelque chose n’allait pas dans ma classe que je prends conscience de mon état de santé.) ? Je ne crois pas. Est-ce dû aux quelques flocons de neige qui sont tombés ? Je ne crois pas. Il n’y en avait pas assez… Est-ce dû à l’effort particulier que je mets en ce moment sur Jason, pour qu’il reste assis à sa place, qu’il cesse de crier et de jeter son matériel en l’air ? Je ne pense pas. J’essaye au maximum que cet effort ne se fasse pas au détriment des autres élèves. Est-ce dû à la longue séance de sport de cet après-midi ? Non, ce n’est pas la première fois qu’on y va…

Ils étaient bavards, peu attentifs, peu concentrés… Même Domitille et Agathe, habituellement studieuses, étaient ailleurs, aujourd’hui…
Je ne sais pas pourquoi ils était plus énervés. Je ne le saurai pas.

A 16h30, en refermant le portail, j’étais vidé. Comme d’habitude, je suis retourné m’assoir à mon bureau, et comme d’habitude, j’ai essayé de ranger mollement les papiers qui traînaient, les photocopies non distribuées, les notes et idées qui me serviront pour préparer la suite des cours, la liste de paiements pour le spectacle de la semaine prochaine… Je n’y arrive pas. Je fais une chose, puis je passe à une autre. Ce n’est pas grave. Cette inefficacité, je l’assume, c’est ma façon de décompresser après la journée dans l’arène, sans pour autant avoir l’impression de ne rien faire. Ce n’est que vers 17h15 que je retrouve de l’énergie pour travailler vraiment.
J’ai un travail à préparer pour 6 élèves qui en ont besoin. Je dois le faire ce soir, puisque le jeudi, ce n’est pas moi qui suis dans la classe, c’est ma collègue. Puis je prends le cahier de liaison pour lui noter les points à savoir. Je lui explique le comportement de Jason, je lui dis la réponse que nous a faite la mère de Kenny, je lui demande de transmettre le travail que j’ai promis à ces 6 élèves, et je réponds à sa question sur la liste des élèves de CM2. A 18h, j’entends les élèves quitter l’étude.

Je dis à la dame de service que j’ai encore pas mal de travail… Je note sur mon ordi mes remarques pour les prochaines journées, car sinon j’aurai oublié. Ce n’est pas facile d’avoir 2 métiers. Puis enfin, vers 18h30, il ne me reste plus qu’une chose à faire. Je n’ai pas de courage, mais je sais qu’il faut le faire, car tout retard n’est pas rattrapable : il faut corriger les cahiers. C’est là que je découvre si mes élèves ont compris la notion vue dans la leçon précédente, ce qu’il faut approfondir, revoir, et ce qui est acquis. J’aimerais avoir le temps de faire cela en classe, pour pouvoir mieux aider les élèves. C’est plus efficace d’agir sur une difficulté tout de suite, que d’attendre la correction la semaine suivante… Et je sais que la correction sur le cahier n’est souvent même pas lue par les élèves qui en auraient besoin. Je continue cependant à écrire des conseils que je n’ai pas pu dire à l’oral… « Attention ! Relis la leçon : avec l’auxiliaire être, tu dois accorder le participe passé… » C’est quand même plus utile qu’un « vu« . J’aimerais avoir le temps de faire cela en classe, à l’oral, mais j’ai un double niveau : quand 22 CM1 font leurs exercices sur le cahier, tout seuls, j’en profite pour faire une leçon avec les 7 CM2. Je ne peux donc pas aider les élèves du CM1 qui en auraient besoin. Certains enseignants y arrivent. Je ne sais pas comment ils font. Je n’ai pas encore assez d’expérience pour cela.

Pour corriger en détail les 29 cahiers, il me faut 1h30. C’est donc vers 20h que je peux mettre l’école sous alarme (je suis souvent le dernier à partir) et rentrer chez moi.
Lorsque j’arrive, je peux embrasser mes enfants et les coucher, avant de dîner. Après, je prendrai du temps pour moi, pour lire mon courrier, des articles sur internet, et pour discuter avec ma femme des projets de travaux. Ce soir, j’ai de la chance : on est mardi. Pas besoin de me remettre à travailler pour préparer la journée de demain… Le lundi, je travaille de 22h à minuit, voire 1h du matin, selon ce que je prévois pour le mardi.

Est-ce toujours comme ça ? Est-ce pareil pour tous les instits ?

Non.

Non, ce n’est pas toujours comme cela.
J’ai de la chance, car j’habite à 20 minutes de chez moi seulement, à vélo, pas comme Charivari, nommée à 1h de voiture de chez elle, et tant d’autres (quelques exemples parmi d’autres).
J’ai beaucoup de chance, parce que je ne suis instit qu’à mi-temps. Je peux souffler le reste de la semaine, en faisant un autre travail qui me plaît.
J’ai de la chance, parce que ma classe est difficile, mais normale, pas comme celle que j’ai eu il y a deux ans. Lorsque je rentrais à 21h, je me mettais à pleurer, allongé sur la canapé.
J’ai de la chance car je ne suis pas tout débutant.
J’ai de la chance, car je n’ai pas été nommé directeur, comme c’est la cas pour certains collègues, qui se retrouvent contre leur gré avec des responsabilités supplémentaires.
J’ai de la chance car j’ai plusieurs cordes à mon arc, et je peux envisager de faire autre chose que de l’enseignement l’année prochaine.
J’ai de la chance car j’ai une femme qui a choisi comme travail de s’occuper de notre famille, et cela facilite la vie quotidienne.
J’ai de la chance, beaucoup de chance, car je ne suis ni en ZEP (ou REP, ou Éclair, peut importe : le nom ne change pas la réalité qu’on y vit), ni en CLIS, ni en UPI, ni en (S)EGPA, ni sur tant d’autres postes où sont nommés les collègues qui n’ont pas assez d’ancienneté.
J’ai de la chance, car je suis dans un niveau que j’aime et que j’aurais choisi si j’avais eu le choix.
J’ai de la chance, parce que je viens d’avoir une promotion au grand choix qui me permettra d’avoir un salaire supérieur à 1700€ nets.
J’ai de la chance, car j’ai un inspecteur qui est un supérieur honnête, qui ne met pas de pression inutile sur ses enseignants, qui ne cherche pas le plaisir du pouvoir.
Cette année, j’ai de la chance.

mercredi 25 janvier 2012

Bayrou, Brighelli et l’éducation

Filed under: Actualité,Education,Hors,Présidentielle — mazzhe @ 23\1120
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Dimanche, JP Brighelli a commis un article sur le site de Marianne2. Il est, comme moi, proche des idées de François Bayrou. Tout comme moi, il est aussi très intéressé par les questions d’éducation. Cependant, dire que je ne partage pas son analyse est un euphémisme…

Il cite dans son article 10 propositions qui auraient été formulées sur un forum par des enseignants qui répondaient à la question « Si vous pouviez faire 10 propositions concrètes pour tirer l’EN du marasme, ce serait quoi ? ». Je ne vais pas refaire avec vous la lecture des 24 pages de ce fil de discussion, mais j’en ai cependant parcouru quelques unes, et je constate que monsieur Brighelli a fait un choix dans les propositions qu’il retient. Mon choix n’aurait sûrement pas été le même que le sien.

Voici plusieurs points sur lesquels je souhaite proposer mon avis…

1) Il souhaite consacrer plus de temps à l’école à l’apprentissage du français. (cela ce comprend, puisqu’étant professeur de français, il doit vivre durement les tortures que les jeunes affligent à notre langue) Évidemment, je ne suis pas contre. Cependant, il en va du temps scolaire comme du budget de l’état : si on augmente un poste, il faut en diminuer un autre. Lequel ?

Je suis résolument pour un meilleur apprentissage de la lecture et de la langue française. Mais cela ne doit pas se faire au détriment d’autres apprentissages. Par exemple, je pense qu’une grande difficulté des élèves que je rencontre depuis que j’enseigne est la compréhension et la résolution de problèmes. Je pense qu’une partie de la cause se situe hors de l’école, mais que celle ci doit veiller à renforcer les capacités de réflexion des jeunes citoyens qu’elle forme.

Plutôt que de plaider pour un volume consacré à l’apprentissage du français, je serais plutôt favorable à veiller à sa qualité.

A ce sujet, je ne comprend pas qu’on nous ressorte encore le débat d’un autre âge sur les méthodes de lecture. Je n’ai jamais vu un enseignant faire une approche globale de la lecture. Tous les enseignants de CP que j’ai croisés dans mes nombreux remplacements travaillent sur les sons et les lettres, tant à la lecture qu’à l’écriture. Qu’on me montre une classe « fautive » où cela n’existerait pas ! Mais de la même façon, tous les enseignants que j’ai rencontrés travaillent la découverte des sons en lien avec un texte, pour donner du sens à la lecture. Si la lecture faite en classe n’était qu’une mécanique, une technique opératoire qui ne servirait qu’à lire des pseudo-mots sans aucun sens (« Biramu, latofi, duchonou… »), combien d’enfants aimeraient lire ?

2) Il propose ensuite de « mettre au feu » un certain nombre de documents chronophages. Compte-tenu du travail demandé aux enseignants, je ne peux que soutenir cette proposition. Cependant, il propose dans la foulée de faire revenir les notes au primaire. Quel rapport ? Et puis quel intérêt ? Est-il démontré qu’une école qui note ses élèves est plus efficace qu’une école qui ne les note pas ? Non. La note pourrait être un indicateur utile, comme le thermomètre dans les hôpitaux, mais pas telle qu’elle est vécue dans notre société. La note n’est pas vécue comme un indicateur, mais comme un jugement. Il n’y a pas de honte à avoir 39,5° de fièvre, mais il y a souvent une honte ressentie à avoir une note sous la moyenne… Aucun enfant ne se moquera d’un autre en lui disant : « je suis moins malade que toi », alors que tous comparent leur résultats scolaires. Et un mauvais résultat n’encourage pas au travail, il détruit petit à petit la confiance en lui-même de l’élève.

Les élèves d’aujourd’hui ne sont pas ceux d’il y a cinquante ans. Et leur environnement familial est aussi très différent. Le travail n’est pas une valeur à la mode. Le plaisir et la défiance le sont beaucoup plus. Pour redonner le goût du travail (je crois que Brighelli le souhaite autant que moi), il faut plutôt encourager les élèves en leur donnant confiance dans leur capacité d’apprentissage, plutôt qu’en leur donnant le dégoût d’eux-même. Les notes ne sont pas mauvaises en elles-mêmes, mais elles sont socialement mal vécues et ne peuvent plus être utilisées comme indicateur de l’apprentissage de l’élève.

Je suis ensuite pleinement d’accord avec les deux propositions suivantes : adapter le nombre d’élèves par classe en fonction des difficultés rencontrées ; revaloriser la filière professionnelle qui peut être un choix pour des élèves (et pas uniquement ceux qui sont en échec scolaire) dès le milieu du collège.

Son cinquième point concerne ce qu’il faudrait enlever de l’école, afin d’alléger son contenu… Et le premier enseignement qu’il veut supprimer, c’est l’anglais ! Selon lui, il faudrait attendre l’entrée en sixième pour apprendre à dire « my name is » ! Ce serait aller à l’envers du monde ! Il faut au contraire favoriser l’apprentissage des langues étrangères, l’ouverture sur le monde, la diversité et cela le plus tôt possible. C’est d’ailleurs ce que souhaite l’Union Européenne : « L’objectif de l’Union est que chaque citoyen parle deux langues en plus de sa langue maternelle. Pour y parvenir, elle défend l’objectif d’apprendre aux enfants deux langues étrangères dès le plus jeune âge. Des études indiquent que cela leur permettrait d’apprendre les langues étrangères plus facilement et de disposer d’une connaissance approfondie de leur langue maternelle.  »
On ne peut pas défendre à la fois un meilleur apprentissage du français, une Europe forte, et l’absence de langue vivantes à l’école…

Dans le même état d’esprit, il est inconscient de vouloir supprimer l’apprentissage de l’utilisation d’internet. C’est un outil dont les citoyens ont aujourd’hui besoin pour vivre dans leur monde, au même titre que la lecture ! Et à en croire les élèves que je côtoie, ce ne sont pas leur parents qui vont leur apprendre un usage « efficace » de cet outil…

Je pense qu’une solution à ce dilemme serait une refonte totale des rythmes des apprentissages. Certaines notions pourraient être vues entre 8h et 13h, tous les jours de la semaine, avec des enseignants « classiques », alors que d’autres notions pourraient être abordées par d’autres intervenants plus spécialistes, entre 15h et 18h, sur la base du volontariat des enfants ou des familles, avec éventuellement pendant ce temps de l’aide plus spécifique pour les élèves qui en auraient besoin ? A voir cependant, le rythme d’activité que pourraient supporter les enfants…

Je vais essayer d’être plus rapide pour commenter les points suivants…

Le sixième parle de discipline. Si je suis d’accord pour donner aux enseignants ou établissements des moyens de maintenir le calme, et du climat de travail, je suis inquiet de sa vision répressive, encore une fois d’un autre âge, ou d’un autre secteur de l’échiquier politique que le sien.

Je suis en partie d’accord sur la façon de former les enseignants avec une grande part de pratique, son septième point, mais je déplore le manque de respect dont il fait preuve envers les personnes qui tentent aujourd’hui d’enseigner ce métier avec les maigres moyens qu’on leur donne.

Que dit-il de concret dans son huitième point ? Il ne lui sert qu’à exprimer des critiques avec des mots forts, mais creux. Passons. Le neuvième point est plus intéressant, et je soutiens en particulier la fin du paragraphe, où il explique qu’« il est essentiel de multiplier les système-relais, à tous les niveaux »… pour obtenir le meilleur de chaque élève.

Bien que je sois d’accord avec l’essentiel de ce qu’il dit dans son dixième point, j’ai du mal à en saisir la cohérence : quel est le point essentiel à en retenir ? Le seul avec lequel je sois en désaccord me semble pourtant un point important… C’est gênant. Il refuse que « l’élève soit le centre de l’école ». C’est pourtant bien pour l’élève que l’école a du sens ! Bien sûr, la « transmission des savoirs » doit être une valeur importante, mais cette transmission n’a de sens que face à un élève ! Sans en faire un enfant-roi, il est important de prendre en compte ce que peut supporter un élève, avant de lui faire avaler à l’entonnoir, pardon, de lui « transmettre » des savoirs. Comme me le disait Jean-Claude Bennahmias, « les élèves ont un cerveau, ils peuvent s’en servir ! »

Voilà… Je sais que pour l’instant, le programme d’éducation de Bayrou n’est pas celui de Brighelli… Mais je sais aussi que Brighelli est un proche de François Bayrou. Je suis inquiet, et je suis la question de près. François Bayrou propose de regarder comment font les meilleurs enseignants, pour proposer leurs méthodes. Cela me pose question : comment reconnaît-on un bon enseignant, indépendamment des élèves qu’il a en face de lui, des moyens qu’il a à sa disposition, de son établissement, etc ?

Par ailleurs, comme le fait remarquer l’Hérétique, François Bayrou aime bien regarder ce qui marche pour s’en inspirer. Il prend souvent l’Allemagne pour modèle sur le plan économique… Sur le plan éducatif, les enquêtes PISA saluent les performances du système éducatif finlandais… Je crains que ce modèle ne soit pas compatible avec Brighelli :

d’après wikipedia :

Les études […] mettent en avant la responsabilisation précoce des élèves, l’absence de stress dans un système qui ne connaît pas le redoublement et la formation de qualité des enseignants.

D’après Paul Robert (auteur de « La Finlande : un modèle éducatif pour la France ? Les secrets de la réussite ») :

Jusqu’à 9 ans les élèves ne sont absolument pas notés. Ce n’est qu’à cet âge qu’ils sont évalués pour la première fois, de façon non chiffrée. Puis plus rien de nouveau jusqu’à 11 ans. C’est dire qu’au cours de l’équivalent de toute notre scolarité primaire les élèves ne subissent qu’une seule évaluation. L’acquisition des savoir fondamentaux peut ainsi se faire sans le stress des notes et des contrôles et sans la stigmatisation des élèves plus lents. […] La Finlande a fait le choix de faire confiance à la curiosité et à la soif naturelle d’apprendre des enfants.

C’est comme ça que la Finlande est devenue championne de l’éducation et de l’égalité des chances…

Je conclurai simplement en signalant que samedi 4 février aura lieu le 2ème forum de l’Agenda 2012-2020 de François Bayrou, sur le thème de l’éducation, autour des sujets « Instruire, éduquer, former ».

J’y serai.

jeudi 22 décembre 2011

Quel président pour 2012 ?

Filed under: Actualité,Economie,Education,Présidentielle — mazzhe @ 12\1219

Au moment où la France et l’Europe traversent une crise sans précédent, chacun mesure l’importance des scrutins des 22 avril et 6 mai prochains.

Plus que jamais, la France aura besoin d’un président capable de rassembler toutes les énergies, de dépasser les querelles des camps, de privilégier l’intérêt général sur les intérêts partisans.

Plus que jamais, la France aura besoin d’un État impartial et d’une démocratie apaisée.

Plus que jamais, les Français voudront un président qui leur parle un langage de vérité, sans laquelle toute action est vaine, et un langage de justice, sans laquelle tout succès est compromis.

En 2007, un candidat avait placé la question de la crise de la dette au cœur de sa campagne. Et l’on sait aujourd’hui de quel poids elle pèse dans la crise que nous traversons.

En 2012, ce sont les questions de la production et de l’éducation qui constitueront les clés du scrutin. La production, qui permettra à la France de retrouver sa place dans l’économie mondiale ; l’éducation, qui garantira à nos enfants un haut niveau d’instruction, indispensable dans le monde si dur dans lequel nous vivons.

Ce texte n’est pas de moi, mais je vous laisse en deviner l’auteur…
Dès que je l’ai lu, j’ai eu envie de le partager, tant chacun de ces phrases sonne juste à mes yeux. Je ne saurais le dire aussi bien que l’auteur, mais l’importance d’un candidat capable de rassembler,et d’apaiser la société me semble cruciale…

En 2012, ne vous trompez pas de bulletin !

vendredi 2 décembre 2011

Grève annulée !

Filed under: Actualité,Education — mazzhe @ 16\0408
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Je vous avais donné sur ce blog mon avis (ici, puis ici) quant à la grève annoncée dans l’Education Nationale le 15 décembre.

Le SGEN-CFDT vient d’obtenir la suspension du projet gouvernemental, et l’ouverture de négociations sur ce projet !
Comme me l’avait expliqué mon correspondant reponsable syndical, c’est le préavis qui a permis d’obtenir des négociations, et non la grève.

La grève, même très suivie aurait eu peu d’effets sur le projet gouvernemental (on se souvient d’exemple récents…).
Au contraire, la négociation obtenue permet d’espérer des changements, ou au moins des améliorations dans le texte proposé par M.Chatel.

Le SGEN lève donc son appel à la grève. Je pense qu’il a raison !

(et puis si les négociations ne donnent aucune amélioration, le syndicat ne signera pas d’accord, et pourra toujours proposer une nouvelle action.)

 

Un tract explicatif du SGEN.

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